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La technique oubliée – démontrée par Tadashi Abe (JARA8)

Ayant la chance d’être tombés sur des ouvrages faits par Tadashi Abe avec l’aide de Jean Zin dans les années 60, nous nous sommes dit que nous pourrions présenter certaines des techniques qui se pratiquaient à l’époque, avec les termes de l’époque. Une rubrique un peu vintage, pour un retour à la source de notre école. (Textes et photos de l’époque)

Premier principe (ik kajo) – 4ème mouvement négatif – 1ère série Shiro nage ura

Textes et images extraits de: l’Aiki-do Méthode créée par le maître MORIHEI UESHIBA L’Aïkido, la victoire par la paix par Tadashi Abe. Adaptation et descriptions de Jean Zin.

Une courte histoire du Japon à travers les bâtons (JARA8)

Shogun Minamoto
Figure 1 – Shogun Minamoto no Sanetomo (源 実朝, 1192 –1219) muni de son shaku. Dessin de Goshin 1939.

En relisant le livre de Jean Zin le Tam-bo, le bâton : arme de défense,  je me suis arrêté sur la partie décrivant brièvement l’historique du Jô-Jitsu. Les repères chronologiques ne m’ont pas semblé évidents.  Je me suis donc plongé dans divers documents (en ligne et sur du vrai papier) pour me faire un petit pense-bête. C’est ce pense-bête que je propose de partager aujourd’hui avec les lecteurs du JARA !

 

Les bâtons (Extrait du livre de Jean Zin LE TAM-BO, page 23)
Noms Dimensions (JAP) Dimensions (EUR) Types
Hassaku-Bô 8 Shaku 2,40 m Lance
Rokushaku-Bô 6 Shaku 1,80 m Hallebarde
4 Shaku 2 Sun 1,26 m Grand sabre
Ham-Bô 3 Shaku 0,90 m Sabre
Tam-Bô 1 Shaku 2 Sun 0,36 à 0,50 m Poignard

Si les anciens shoguns et les nobles sont couramment représentés avec leur bâton protocolaire (shaku, 笏), il faut attendre le VIème siècle pour voir le bâton long présenté comme arme de combat. On date donc approximativement la naissance du Jô-Jitsu à cette époque.

Au VIIIème siècle, à l’époque Nara le bâton long et lourd est une très bonne défense contre les armes tranchantes. C’est, on suppose, les techniques de maniement de cet objet qui sont développées.

L’apparition de bâtons plus légers remontent au XIème siècle, quand deux clans s’opposent – La famille Genji qui opte pour la méthode de l’aïki avec toutes les techniques du bâton (Jô) – et la famille Heike qui opte pour des armes lourdes comme des bâtons hérissés de pics de la taille d’une batte de baseball (Kanabô , 金棒) ou bien pesant pouvant être uniquement métallique (Tetsubô , 鉄棒), perser de 20 à 30kg et mesurer près de 4 mètres. Inutile de préciser quel clan fut vainqueur et à quel point cet épisode a pu faire évoluer les techniques de combats au bâton.

Testsubo
Figure 2 – Tetsubô

En 1192, le général Minamoto, du clan Genji, après sa victoire sur le clan Heike, fonde le bakufu, gouvernement militaire censé soutenir le gouvernement impérial et dirigé par un général nommé shogun. Il s’installe à Kamakura qui devient la capitale du Japon. Les arts martiaux ne font alors qu’un, tous développés dans le même esprit. La technique du bâton commence à utiliser les principes de l’aïki, applicables en attaque et en défense, contre les armes type ken ou naginata.

Dates clefs

– 660 Naissance de l’Empire du Japon

Après avoir vaincu le royaume Yamato, le prince Jimmu Tennô monte sur le trône et fonde l’empire japonais. Il descend de la déesse solaire Amaterasu.

594 Le bouddhisme religion d’État au Japon

Le prince régent Shotoku fait publier un décret par lequel il favorise l’enracinement du bouddhisme au Japon en le déclarant religion d’État.

1192 Création du shogunat

Conscient de l’incapacité de l’empereur à diriger le pays, le samouraï Minamoto-no-Yoritomo adopte le titre de shogun. Sans supprimer le gouvernement impérial, il édifie à Kamakura un gouvernement militaire qui exercera le vrai pouvoir. Le shogunat sera le régime officiel du Japon jusqu’à 1867.

1868 Restauration de l’empire au Japon

¬Le dernier shogun de la dynastie Tokugawa renonce à ses fonctions et rend le pouvoir à l’empereur du Japon.

A la suite d’un « coup d’état » en 1333, le bakufu se trouve installé à Muromachi (un quartier de Kyôto et non de Tokyo comme indiqué page 21 du livre de Jean Zin). C’est à partir de cette époque et jusqu’au XVIème siècle que les budo prendront leur classification et leurs spécialisation. De nombreuses méthodes de bô-jitsu se développent utilisant des bâtons de toutes les tailles et de toutes les formes. Le côté spectaculaire a toujours été sacrifié au bénéfice de l’efficacité et de l’étiquette. Le jô, à l’image du katana, est une arme noble méritant le respect.

Muso
Figure 3 – Muso Gonnosuke Katsukichi Katsuyoshi avec un Hassakubô (Akashi, Harima provincie. 1605)

La fin de de l’époque Muromachi (vers 1570), extrêmement troublée, porte le nom de Sengoku-jidai (戦国時代) littéralement âge des provinces en guerre. Elle verra l’arrivée des armes à feu (marins portugais) et consécutivement le développement des arts martiaux. Le jô-jitsu renforce ses techniques par l’apport des écoles Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu (天真正伝香取神道流) et Tsutsumi Hozan Ryu (堤宝山流) dans laquelle on utilisait le rokushaku-bô, le tam-bô et le Kusari Furizue (proche des bolas d’Amérique du Sud).
Au début de la période moderne (1603 – 1868) et par ordre du Shogunat Edo les techniques au Furizue furent interdites car jugées indignes de la morale samouraï. A cette époque, Un membre de la famille Muso, expert en arme, eu une illumination dans un temple shintoïste sur la longueur optimale  du bâton.  Elle fut définitivement établie à 1,26 m : dimension jugée pratique pour se défendre contre le sabre, la lance, les armes courtes ou longues.

Shogun Total War
Figure 4 – La bataille fait rage dans le Japon médiéval (Jeu de stratégie Total war Shogun 2)

 

Chronologie

  • Antiquité (Kodai) 250 –  1185

  • Période Yamato 250 – 645

  • Époque de Nara 710 – 784

  • Époque de Heian 784 _ 1192

  • Période féodale (Chūsei) 1185 – 1603

  • Époque de Kamakura  1192 – 1274

  • Époque de Muromachi  1333 – 1573

  • Époque Azuchi momoyama 1573 – 1603

  • Période moderne (Kinsei) 1603 – 1868

  • Époque d’Edo (Tokyo) / Tokugawa

  • Période contemporaine (Kindai / Gendai) 1868…

  • Ère Meiji (1868)

  • Ère Taishō (1912)

  • Ère Shōwa (1926)

  • Ère Heisei 1989…

Dès lors, la pratique du baton comme art de combat, nommée Muso Ryu Jô-Jitsu, fut intégrée à toutes les méthodes.
En 1897, pendant l’ère Meiji et peu de temps après la guerre contre la Chine (1894 – 1895) le gouvernement japonais décida de regrouper toutes les disciplines martiales dont le Kendo, Juken-jitsu (baïonnette), le Naguinata et le Jô-Jitsu dans une école unique : Le Butokukaï. Celui-ci comporta plus de 5 millions de participants pour 40 millions d’habitants. En 1937, un haut comité fut créé plaçant l’Aïkido et les autres arts martiaux dont le Jô-Jitsu sous la direction de Morihei Ueshiba sensei. La deuxième guerre mondiale et l’occupation du Japon par l’armée américaine eût pour premier effet l’interdiction du Butokukaï. Les disciplines existent aujourd’hui de façon indépendante. Jô, Hambô (bokken) et tam-bô sont intégrés aux pratiques de l’Aïkido.

 Bibliographie / Webographie :

Le TAM-BO, Le bâton : Jean Zin
La mort volontaire au Japon, Maurice Pinguet, Eds Gallimard
L’Histoire du Japon de Michel Vié. PUF collection Que Sais-je ?.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon
http://www.wat.tv/video/japon-histoire-dessous-cartes-fdgx_2g1eh_.html
http://www.linternaute.com/histoire/histoire-du-japon/japon.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/eres_du_Japon

Tadashi Abe – Première série – Technique n°7 (JARA8)

Irimi nage ura sur saisie ryote dori

Tadashi_Abe_irimiJPG
Tadashi ABE exécutant IRIMI NAGE URA

Interview de Laurence Debaere, membre du collège technique (JARA8)

Laurence Debaere

Née le 18/10/1963
30 ans de pratique
Débute l’Aïkitai Jutsu en septembre 1983
Responsable de la commission enfants
au sein de l’A.R.A

JARA : « Comment es-tu venue à t’intéresser à l’Aïkido ? »
Laurence : C’est la rencontre de mon mari qui m’a permis la découverte l’Aïkido à Ermont.
JARA: « As-tu pratiqué d’autres arts martiaux, lesquels et pendant combien de temps ? »
Laurence : Le Naginata pendant 2 ans.
JARA: « Qu’est-ce qui t’a poussée à continuer depuis le début ? »
Laurence : La passion de la discipline.
Laurence_Debaere2JARA: « Qu’est ce qui fait que tu as toujours la motivation pour continuer, en dépit du niveau que tu as atteint ? »
Laurence: Je ne sais pas si on peut dire que l’on atteint un niveau en Aïkido pour ce qui me concerne c’est un perpétuel recommencement. Si tu dis que tu as atteint un niveau en aïkido, soit tu es prétentieux soit il n’y a plus rien qui te motive pour continuer. Moi je pratique sans me demander si je suis motivée ou pas, l’aïkido est complètement intégré dans mon mode de vie et lorsque je suis sur le tatami, j’oublie les soucis quotidiens et çà depuis 30ans, c’est vraiment génial !
JARA: « Qu’est-ce qui t’a fait le plus progresser dans cet art martial ? »
Laurence: Y’a pas de mystère, si tu ne pratiques pas régulièrement, si tu ne fais pas de stages pour rencontrer d’autres personnes que celles de ton club, eh bien tu restes dans ta petite zone de « confort » car il faut savoir se remettre en question pour évoluer et c’est à la rencontre des autres pratiquants et des autres enseignants que l’on apprend aussi.
JARA : « Quel serait le meilleur conseil que tu pourrais donner à une personne débutante ou d’un niveau 1er DAN ? »
Laurence: Entre le débutant et le 1er dan ce n’est pas la même chose: Débutant : découvrir d’abord la discipline, bien écouter les conseils que l’on donne et les appliquer et surtout être patient ; Il faut une vie entière pour apprendre l’Aïkido.
1er dan : Pour moi c’est le grade le plus « ingrat »: tu te dis « c’est bon suis ceinture noire »… Mais en fait tout le reste est à apprendre, soit tu t’accroches, soit tu t’arrêtes.
JARA : « Enfin, peux-tu nous donner quelques informations, sur tes projets futurs ou tes autres passions ? »
Laurence : Continuer à voyager, voir un peu ce qui se passe ailleurs, sinon dès que j’ai du temps libre j’adore profiter de la nature et aussi me poser avec un bon bouquin.

Laurence_Debaere3
Merci Laurence de nous avoir accordé un peu de temps pour répondre à ces questions.

Le kata de bokken de notre école (JARA8)

Depuis quelques temps, vous avez pu commencer à travailler sur le nouveau kata de bokken de notre école, mûri et réfléchi sous la supervision d’Alain Debaere et de notre collège technique. Alain nous apporte quelques précisions sous la forme d’un article pour notre journal et pour votre information.

IaitoLe Kata de bokken consiste en une suite d’attaques, parades et contre-attaques comprenant des coupes droites, latérales, horizontales et estocs.
Il existe de nombreux Koryu ou écoles de sabre ( Muso shinden ryu, Sui ô ryu, Muso jikiden enshin ryu, Katori shinto ryu, Tamiya ryu…Ecole de Battodo…etc…) et autant de manières de dégainer, de rengainer (noto), de se mettre en garde et des centaines de katas. Notre kata de Bokken comprend 14 frappes , les mouvements présentés sont basiques et permettent aux plus novices d’acquérir de bonnes connaissances de base, il est nécessaire de le connaître pour obtenir le 1er, 2ème et 3ème Dan. La participation aux stages d’armes est utile pour obtenir les bons conseils car il est très difficile de progresser seul et de corriger son attitude (avoir une garde, ne pas être déséquilibré, se tenir droit, utiliser ses hanches, baisser ses épaules, regrouper ses jambes, centrer son travail, travailler son regard, redresser la tête, avoir une attaque rapide et fluide, etc…) , je pense que d’ici quelques temps un CD de la 6ème Série devrait arriver. L’utilisation d’un katana demande beaucoup de temps et de concentration ne serait-ce que pour éviter de se blesser, il est préférable de commencer avec un iaito ou un bokken avec une saya. Restez concentrés et utilisez le comme si c’était une arme tranchante.

Choisir la bonne taille pour son iaito :

La taille se mesure à partir du mune machi jusqu’à la pointe du sabre.
La taille se mesure à partir du mune machi jusqu’à la pointe du sabre.
Musashi Miyamoto avec deux bokken (Estampe de Utagawa Kuniyoshi).
Musashi Miyamoto avec deux bokken (Estampe de Utagawa Kuniyoshi).
Votre taille (m)
Longueur Lame (Shaku)
Longueur Lame (cm)
1,50
2.20
66,6
1,55
2.25
68,2
1,60
2.30
69,6
1,65
2.35
71,2
1,70
2.40
72,7
1,75
2.45
74,2
1,80
2.50
75,8
1,85
2.55
77,3
1,90
2.60
78,8

Différentes gardes en photos :

Chudan01 Chūdan no Kamae
Il s’agit de la plus élémentaire et fondamentale garde (kamae). Cette garde constitue une garde défensive en raison de la menace que fait peser la pointe du sabre dirigée vers la gorge de l’adversaire, tout en observant un zanshin. Dans cette position, il est relativement facile de maîtriser la distance, le Ma-ai.
Hassō no kamae  La garde Hassō-no-kamae, connue aussi sous le nom de garde du bois. En Hassō le pratiquant porte la garde de son sabre à la hauteur de sa bouche sur le coté droit, sabre légèrement incliné sur la droite, pied gauche en avant. Cette garde présente l’avantage de fausser entièrement le Ma-ai (la distance), car il n’y a pour l’adversaire aucun repère pour la mesurer. Hassō no kamaeLa garde Hassō-no-kamae, connue aussi sous le nom de garde du bois. En Hassō le pratiquant porte la garde de son sabre à la hauteur de sa bouche sur le coté droit, sabre légèrement incliné sur la droite, pied gauche en avant. Cette garde présente l’avantage de fausser entièrement le Ma-ai (la distance), car il n’y a pour l’adversaire aucun repère pour la mesurer.
Jodan01 Jōdan no kamaeLa garde haute Jōdan-no-kamae dont il existe 2 versions: la garde haute à gauche (Hidari-jōdan) et la garde haute à droite (Migi-jōdan), selon que le pied en avant est le pied gauche ou le pied droit. Les mains sont largement tendues au dessus de la tête, la main gauche en avant et le Sabre légèrement décalé de l’axe du corps. Le but est alors d’avoir une attitude suffisamment menaçante derrière avec la pointe , mais aussi devant avec la tsuka-kashira et un puissant zanshin, pour ne pas susciter de réaction d’attaque de l’adversaire et de pouvoir engager aussitôt une action s’il devenait menaçant.
Waki no kamae  La garde Waki-no-kamae connue aussi sous le nom de garde du métal ou garde de l’or, ce qui indique une sorte de «valeur cachée». Cette variante de Gedan no kamae permet de cacher le sabre derrière soi pour empêcher l’adversaire d’apprécier sa distance de sécurité. C’est donc une garde qui cherche à tromper l’adversaire sur le Ma-ai. La menace ne peut donc s’exprimer que par l’attitude et le Metsuke (regard). Waki no kamaeLa garde Waki-no-kamae connue aussi sous le nom de garde du métal ou garde de l’or, ce qui indique une sorte de «valeur cachée». Cette variante de Gedan no kamae permet de cacher le sabre derrière soi pour empêcher l’adversaire d’apprécier sa distance de sécurité. C’est donc une garde qui cherche à tromper l’adversaire sur le Ma-ai. La menace ne peut donc s’exprimer que par l’attitude et le Metsuke (regard).
Gedan no kamae  En garde basse ou Gedan-no-kamae, la pointe du sabre se dirige vers le sol et vers l’un des genoux de l’adversaire. Avec un sabre réel, elle fait peser sur l’adversaire la menace d’une attaque par en bas (type Kesa giri) extrêmement difficile voire impossible à parer. Si cette garde ressemble à une posture défensive, il s’agit en fait d’une posture d’attaque capable de dévier le sabre d’un adversaire et créer des opportunités. Elle permet également de dissimuler. Gedan no kamaeEn garde basse ou Gedan-no-kamae, la pointe du sabre se dirige vers le sol et vers l’un des genoux de l’adversaire. Avec un sabre réel, elle fait peser sur l’adversaire la menace d’une attaque par en bas (type Kesa giri) extrêmement difficile voire impossible à parer. Si cette garde ressemble à une posture défensive, il s’agit en fait d’une posture d’attaque capable de dévier le sabre d’un adversaire et créer des opportunités. Elle permet également de dissimuler.