Passage de grades et progression

COMPTE-RENDU DU STAGE ENSEIGNANTS ENFANTS

Passage de grades et progression
Fresnoy-en-Thelle – 14 février 2015

Pour certains enfants (et parfois parents !), l’obtention d’une ceinture devient un Graal, un objectif. Il nous appartient à nous, enseignants, de transmettre des valeurs de respects et de patience et de faire comprendre qu’une ceinture n’est pas une récompense mais une distinction qui mesure non pas ce qui a été franchi, mais ce qui reste à parcourir… Malgré cela, nous sommes souvent confrontés aux questions suivantes : quand faire passer un grade ? Comment l’attribuer ? Que doit-on évaluer exactement ? C’est pour partager nos réponses à ces questions que quelques enseignants ayant en charge des enfants dans leur club, se sont réunis en ce jour de Saint-Valentin.

 Passage de grade… une notion floue

Comment distribuer un grade ?

Dans toutes les écoles, le passage de grade se concrétise par l’acquisition d’un « rang » dénommé en terme de kyu. La progression allant du 6ème au 1er kyu, marche ultime avant le grade DAN (shôdDiplome5an, premier DAN étant la première étape du long chemin qu’attend le budoka). Dans certaines fédérations, la progression n’est pas matérialisée par l’acquisition d’une couleur de ceinture mais simplement l’attribution kyu qui peut être matérialisée par la remise d’un diplôme. Dans notre fédération, nous utilisons le système des couleurs, de la ceinture blanche (6ème kyu) à la ceinture marron (1er kyu). Chez les enfants, on attribue parfois une ceinture violette. L’attribution d’une ceinture reste de la compétence et du jugement du professeur du club. Ce moment peut également être officialisé par la remise d’un diplôme, la fédération ayant proposé un modèle paramétrable.

A quel rythme les grades doivent-ils être distribués ?

De l’expérience des participants autour du tatami, il semble que la réponse la plus adaptée soit : à un rythme variable et surtout, au bout d’un certain temps qui ne doit être ni long, ni court…. Plaisanterie mise à part, il est évident que le rythme d’apprentissage varie grandement d’un enfant à l’autre et qu’il est important de savoir reconnaître des enfants « plus doués » que d’autres. On peut aisément imaginer que pour des grades inférieurs au 3ème kyu, deux ceintures pourraient être attribuées dans une année à certains participants.

Que doit-on évaluer lors du passage de grade ?

Un enfant doit avoir des bases. Le comportement général doit absolument être inclus dans l’évaluation pour l’obtention d’une ceinture. Si l’aspect technique est important, l’esprit Budo est essentiel.

right-notrightAinsi, il est essentiel d’être un modèle de tous les instants (attitude, comportement, technique, langage..). Il faut faire comprendre aux élèves ce que l’on attend d’eux et ne pas se focaliser sur la technique.

Si l’uniformisation n’est pas nécessaire entre les clubs, il faut des bases communes et la progression doit être jalonnée par les bases. L’exigence ne sera pas trop forte du 6ème au 4ème kyu.

Dans tous les cas, l’important également pour les enfants, est qu’ils bougent, qu’ils aient du plaisir et qu’ils perçoivent le plaisir que nous avons à transmettre.

Le choix du Uke

Lors d’un passage de grade, c’est l’enseignant qui désigne le Uke. D’une façon générale, on choisi un gradé car on sait qu’il ne « bloquera pas » et sera plutôt un élément facilitateur et déstressant pour le Tori.

Les bases communes

Si l’on devait « résumer » quelques bases communes qui ont été évoquées lors de notre rencontre on pourrait lister :

L’étiquette : Cette notion globale inclut le comportement, le respect, la propreté (de la tenue et du corps), l’écoute, l’entre-aide, la maîtrise de soi, le protocole (salut).

Ukemi : Une des bases fondamentales permettant la progression. L’enfant devra être à l’aise avec les chutes avant, arrière, en Tachiwaza ou en Suwariwaza.

Positions, gardes et postures : Une bonne connaissance des différentes positions à adopter sur le tatami : Tachiwaza, Suwariwaza, Seiza (正座), Kiza (跪座), Agura (胡座). Ne pas être avachi, ne pas tenir sa tête… être capable de pratiquer sereinement le Moku-zo.Seiza

Déplacements : Connaître les déplacements de base comme les pas (Ayumi ashi, tsugi ashi), les taï-sabaki (irimi, tenkaï ashi, tenkan), les déplacements en shikkô et ushiro-shikkô.

Saisies : Savoir connaître et nommer les principales saisies (katate-dori, aï-hanmi katate-dori, kata-dori, sode-dori, eri-dori, muna-dori, ushiro ryote-dori,…)

Frappes : Savoir connaître et nommer les principales frappes (Men-uchi, Yokomen-uchi, Shômen-uchi,…)

Les techniques de base

NomenclatureCouvertureAu delà des bases communes, le pratiquant devra bien sûr connaître quelques techniques de bases. L’objectif n’est pas de les lister ici et l’on pourra se référer à la nomenclature de la fédération disponible sur le site (Cliquez sur l’image). Il a été admis, entre les participants, que les versions proposées dans la nomenclature kyu ne correspondent pas vraiment à ce qui peut être attendu d’un enfant. Il conviendra alors à chaque enseignant, de modifier ses attentes pour chaque niveau en se servant de base de la nomenclature mais en ne l’appliquant pas à la lettre.

Qu’attendre d’un 6ème kyu ?

mokusoComme il l’a été dit précédemment, les attentes pour un passage de grade ne doivent pas se limiter aux simples techniques. A titre indicatif, nous avons identifié ce que l’on pourrait attendre d’un 6ème kyu (ce qui sera demandé dépendra évidemment de l’âge de l’enfant) :

Bases communes :
– Respect des lieux
– Connaissance de certaines règles (étiquette)
– Respect des partenaires
– Utilisation des zoories
– Position seiza
– Salut et déplacement dans le dojo
– Shizei
– Se lever et s’asseoir correctement
– Début de déplacement face à une saisie

Techniques de bases :
– Suwari waza : Shômen uchi
– Tachi waza : Taïsabaki, Mae Ukemi, Ushiro Ukemi
– Ikkyo omote et ura sur saisie Aï-Hanmi (on peut rajouter d’autres techniques type uchi kaiten nage, kokyu, irimi nage. Le principal est de ne pas demander et enseigner des techniques qui sollicitent les articulations)
Savoir tenir un Jô et un Bokken

Un livret pour les débutants

En fin de séance, Nicolas GUILBERT, des clubs de Presles et Fresnoy-en-Thelle,  nous a présenté un livret à l’usage du débutant qu’il est en train de construire pour les élèves de ses clubs. Ce livret contient l’histoire de l’Aïkido et de l’Aïkitaïjutsu, une petite biographie de Maître UESHIBA et de Tadashi ABE ainsi que des planches présentant les principales techniques à connaître, les attendus grade par grade (du 6ème au 1er kyu) et un petit lexique japonais des termes les plus utilisés. Ce livret fait l’unanimité et, une fois validé, pourrait être décliné et proposé, avec l’accord de Nicolas, pour l’ensemble des clubs de la fédération.

 

 

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