Être débutant à l’A.R.A. c’est quoi ? (JARA10)

Dans cet article, nous allons tenter de poser (et de répondre aussi) à certaines questions qui peuvent naître dans l’esprit d’un pratiquant débutant l’Aïkitaï Jutsu. Il est vrai que souvent dans un club, un « nouveau » ou une « nouvelle » n’ose pas interroger, poser les questions.
Nous allons donc tenter de rédiger un rapport d’étonnement et des ébauches de solutions. Mais chacun dans son club devra pouvoir poser ses questions ou apporter ses réponses.

Avant toute chose, il est utile de définir ce qu’est un débutant.
Selon le dictionnaire :
débutant, adjectif / Féminin -ante.
Sens : Qui débute, qui n’a pas d’expérience en la (une) matière. Synonyme nouveau.

debutantUn débutant c’est aussi un pratiquant qui connait des progrès spectaculaires. Le débutant doit en général apprendre très vite les rudiments de l’Aïkitai Jutsu : les chutes, les noms des attaques, des saisies et des techniques, les grands principes et règles qui régissent notre art martial. Il faut lui reconnaître ce mérite que la quantité d’informations qu’il doit ingérer et digérer est énorme. Un gradé, de son côté n’a plus qu’à, si on peut dire, comprendre le sens de son travail et trouver sa forme de corps.
Alors si nous pouvions aider les débutants à mieux comprendre leur environnement, à mieux appréhender l’univers martial, soyons sûrs qu’ils n’en seraient que plus motivés pour poursuivre, puis à leur tour, partager.
Il y a un adage à respecter, c’est celui de : « laisser les débutants débuter ». Il est nécessaire qu’il (elle) s’approprie un peu l’art martial et il est donc utile de laisser au débutant le temps de débuter…  Ne pas trop l’abreuver de précisions et ne pas non plus lui parler en permanence lorsqu’il pratique, mais le laisser se concentrer, le laisser aussi faire des erreurs et chercher lui-même les bonnes réponses. Il faut aussi qu’il ait le temps d’ »apprécier » l’Aïkitai jutsu en quelque sorte. Et si on peut se permettre, ajoutons qu’il y a un intérêt pour les plus gradés à travailler avec des débutants (ce que certains rechignent parfois à faire dès qu’ils « se colorent »), c’est que le débutant n’est pas « formaté », il n’a pas encore acquis la manière de subir une technique ou faire une chute spécifique. Il permet donc au partenaire de pratiquer dans une version plus « réaliste », par conséquent si une technique donnée passe sur un débutant, on peut postuler qu’elle sera bien faite. Si on voulait terminer sur un consensus, on dirait que le débutant fait progresser le gradé autant que le gradé lui permet d’avancer.
A la lumière de ce témoignage, il est donc un autre domaine que les débutants doivent assimiler en arrivant dans nos dojos, c’est la découverte de leur ignorance et la rencontre avec « ceux qui savent ». En analysant le témoignage de cette pratiquante, on s’aperçoit que la question sous tendue est la suivante : « L’Aïkido ou l’Aïkitaï jutsu doit-il être mystique ? »
Question sensible (ou non) dans les arts martiaux. On pourrait répondre simplement que parfois, il y a des pratiquants qui pensent nécessaire d’entretenir un certain mystère autour de l’Aïki. Les « secrets » des Maîtres doivent se mériter !  Seulement on peut se demander si ces mêmes «gardiens de la Tradition » ne sont pas dans l’erreur. La Voie Martiale, si elle existe toujours, n’a plus les mêmes objectifs que par le passé et les secrets des écoles de Samouraïs sont largement étalés sur le net et dans les livres. O’Senseï était le premier à montrer, à décrire, à parler et même si à la fin de sa vie il était plus mystique (au sens religieux du terme), il n’a jamais voulu,  à priori, faire des mystères de son Art. La vocation de l’Aïki n’est pas le secret, c’est la diffusion au plus grand nombre, ce n’est pas pour rien qu’il a envoyé ses émissaires aux quatre coins du globe.
Alors dans le vestiaire comme sur le tatami, soyons humbles et accueillants, partageons la joie de pratiquer, même et surtout avec les nouveaux. Le vrai secret de l’Aïkitai jutsu est plus sûrement de savoir transmettre ce que nous savons, de savoir partager nos connaissances, si maigres soient-elles.
On pourrait dire, en conclusion que les débutants doivent être considérés comme les jeunes pousses de notre Fédération, et à ce titre, il faut les entretenir avec soin.
Vous avez, nous avons, été débutants un jour et à cette époque, nous étions heureux d’être guidés, aidés, encadrés, conseillés par les « anciens ». Alors soyons à notre tour ces guides, car dans quelques années ils seront les gradés et les techniciens chargés de la transmission de notre voie.

témoignage… :

« … Je ne pratique l’aïkido que depuis très peu de temps et il est un point sur lequel j’ai parfois du mal à adhérer. C’est ce côté « mystique » qu’entretiennent les pratiquants. Mystique n’est peut-être pas le terme adéquat mais à brûle pourpoint je n’en  trouve pas d’autre… Je sais bien qu’il y a un côté mystique à la pratique d’un art martial quel qu’il soit, et ce côté mystique les pratiquants prennent en général même plaisir et même un devoir à le développer à le pérenniser, à l’enrichir même comme si cela pouvait le rendre plus valorisant. Je me souviens d’un de mes premiers cours lorsque j’ai demandé dans le vestiaire depuis combien de temps les filles pratiquaient, personne ne m’a répondu. Sur le coup, je me suis dit que l’Aïkitai jutsu ne rendait pas aimable :-(. Je ne leur demandais pas combien de temps il fallait pour porter un hakama, ni pour atteindre tel ou tel grade, car je ne suis pas si bête, je sais bien que ce n’est pas une question de temps. Je posais juste une question simple et je me retrouvais devant un mur. Aujourd’hui il m’est toujours difficile de comprendre pourquoi on ne dit pas « j’en fais depuis tant de temps », on le dit bien sur d’autres sujets, pourquoi pas sur celui-là ? Ne peut-on pas être simple ?… »

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