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2013/11 Stage national J.-P. Le Pierres et C. Bouché-Pillon (JARA10)

Les 16 et 17 novembre 2013, le dojo de Bresles a accueilli un stage national encadré par Jean-Pierre Le Pierres, 7e dan et expert fédéral de l’ARA et Christian Bouché Pillon, sans fédération 7e dan décerné par Kobayashi Senseï.


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De l’outil à l’arme : une histoire passionnante – I (JARA10)

Cet article est très largement inspiré d’un mémoire rédigé par Céline Aguillard,  élève du club de Méry-sur-Oise. Nous remercions son auteur pour ce travail.
L’objet de ce dossier est de présenter l’évolution de certains outils de la paysannerie passés du domaine agricole à celui des arts martiaux. Nous nous limiterons dans cette étude aux outils de la paysannerie chinoise et japonaise. Nous avons donc répertorié dans ce dossier plusieurs armes utilisées dans les arts martiaux et nous allons en présenter l’origine et leur utilisation dans le domaine des arts martiaux. Nous allons présenter plusieurs armes – dont certaines sont communes à la Chine et au Japon – ainsi que les modifications qu’elles ont subi afin de passer du domaine de l’agriculture à celui des arts martiaux.
Il faut juste savoir que l’utilisation des armes «nobles» étaient réservé à l’élite et que les paysans n’avaient pas le droit d’en posséder. Mais pour faire face au brigandage, aux razzias ou tout simplement aux dangers de la vie, certains outils ont vu leur utilisation première, se muer en un usage beaucoup plus dangereux…

La reproduction de tout ou partie de ce texte est interdite sauf accord écrit express.

Dans les arts martiaux, la pratique des armes est un volet majeur dans l’évolution. Les armes nous donnent une attitude, une forme de corps. Elles rendent réalistes les attaques et surtout nous permettent de conceptualiser les saisies et frappes. On comprend mieux pourquoi katate dori ou haï anmi katate dori quand on travaille sabre au fourreau, on visualise mieux irimi quand on montre la tsuka de son katana au partenaire etc. Les armes ont donc une importance capitale dans notre pratique et elles sont nombreuses. Nous vous proposons de découvrir comment les arts martiaux ont transformé en armes, de simples outils utilisés quotidiennement.

Chaque arme est présentée ici par son nom, chinois ou japonais, et est suivie de parenthèses indiquant son origine. Nous avons classé les armes par ordre alphabétique. Les armes dont le nom figure en bleu sont des armes utilisées en aïkido ou aîkitaï Jutsu.

►Ban-dao (Chin.) : Fauchon, serpe avec manche. Arme traditionnelle du Bing-qi.

►Bisen-to (Jap.) : Variante du fauchard (Naginata) avec lame courte, large et lourde. Il fut surtout utilisé par les paysans.

►Bing-qi (Chin.) : Aussi Ping-chi ou Mo-hai. Désigne les armes utilisées dans l’ancienne Chine et souvent maniées dans les styles de Wushu (arts martiaux de la Chine) traditionnels. Il en existe une quantité impressionnante, dont une bonne part a un rapport direct avec les arts martiaux (par destination ou par adaptation).
Les moines de Shaolin s’entraînaient déjà avec 18 armes classiques (les 18 armes de Luo-han), et on peut dénombrer entre 100 et 200 armes dont l’emploi complétait les techniques de combat à main nue.
De nombreux outils agricoles pouvaient également être utilisés comme armes improvisées lors de révoltes paysannes, et nombre d’entre eux passèrent dans les îles du sud-est asiatique avec marins, pêcheurs et commerçants.
Ainsi, le trident métallique, peut-être un plantoir (Ti-shien ou Tie-gen, qui devint Sai à Okinawa, ou Tjabang en Indonésie), les manches de bois avec poignée pour tourner les meules de riz (Kuai, qui devint Tonfa à Okinawa), la carapace de tortue utilisée pour le transport de victuailles (Tun, qui devint Chimbe à Okinawa), fléau pour le grain (Liang-jie-gun, qui devint San-setsukon).
Les armes chinoises sont impossibles à inventorier toutes, d’autant que les mêmes, ou leurs variantes, apparaissent sous des vocables différents.
►Bo (Jap.) : Bâton long, entre 1.60 m et 2.80 m en bois dur, de section généralement ronde et parfois hexagonale. Les techniques de maniement de cette arme ancienne dans l’ensemble de l’Asie constituent au Japon le Bo-jutsu. Il existe une grande variété de Bo (Bong ou Tien-bong, au Vietnam) et dérivés. Ainsi le Tetsubo (aussi Kanabo ou Kurogane-bo), en métal, et une variété de Bo plus courts (Hanbo, Koshinobo, Yubido, Kongo). La police japonaise contemporaine utilise toujours un bâton court, le Keibo, autour duquel a été élaborée toute une technique d’emploi (Keibo-soho). Le Jo, arme également ancienne, est dérivée du Bo, avec une longueur inférieure (environ 1.30 m).

Arme-BoLe Bo est également une arme majeure dans la famille des Kobudo des îles Ryukyu. Venu de Chine, le bâton y est également appelé Kon (du chinois Kun ou Gun) et a donné lieu à une pratique guerrière très efficace (Bo-ho ou Kon-po) qui distinguait le bâton en tant qu’arme (Oisangu) du bâton simplement en tant que tel, utilisé notamment dans les danses traditionnelles (Meikatobo).
Arme-BlocageArme-Harai-ukeArme-Hane-ukeLa technique okinawaienne de maniement du bâton diffère sur bien des points de son  homologue japonais, notamment ce qui concerne sa saisie, dont il existe deux formes de base.  Les premiers bâtons étaient simplement cylindriques d’un bout à l’autre (Maru-bo). Le premier Bo utilisé en tant qu’arme n’était probablement rien d’autre que le Tenbin, bâton-balancier porté sur les épaules pour transporter, à la chinoise, les charges les plus lourdes. Il était en bambou (Take-bo). Puis forme et section ont évolué. Arme-Techniques
Arme-TamboAinsi furent autrefois utilisés pour le combat des bâtons à section carrée (Kaku-bo ou Haku-bo), ou hexagonale (Rokkabu-bo), ou octogonale (Hakkaku-bo), qui présentaient autant de bords coupants à l’effet particulièrement destructeur.
Les pratiquants d’aujourd’hui en sont revenus à la section ronde. Cependant celle-ci est plus importante au milieu du bâton qu’à ses extrémités : le centre de gravité de l’arme est ainsi parfaitement localisé et son maniement avec un minimum d’efforts et un maximum d’efficacité s’en trouve facilité. De plus cette forme donne une meilleure résistance à l’arme tout en diminuant les risques de rupture.
Voici les diverses tailles de Bo d’Okinawa (les longueurs étant dégressives) :
Arme-Boso    Kushaku-bo : 2.80 mètres ;
o    Rokushaku-bo : 1.80 mètres ;
o    Yonshaku-bo : 1.20 mètres ;
o    Sanshaku-bo : 0.90 mètres ;
o    Tanbo : 0.50 mètres ;
o    Shoshaku-bo : 0.40 mètres.
Font également partie de cet ensemble, quoique d’un maniement spécifique, le Sunakake-bo (ou Kai ou Eku, la rame), le Nunte-bo (bâton prolongé d’un Nunte, ou Manji-sai) et le Bo-chaku.
Voici quatre modèles de Bo, ainsi que plusieurs types de blocage que l’on peut réaliser avec. cette arme :

►Bo-chaku (Jap.) : Fléau de bois avec lequel les paysans battaient les céréales, dont Arme-Bo-chakul’origine est chinoise (Sau-tsa-kuen). L’instrument pouvait aussi servir à combattre, avec son manche long et sa courte partie mobile, et inspira les premières formes de Nunchaku (Sosetsukon-nunchaku).
►Cha (Chin.) : Fourche, trident. L’une des armes-outils souvent maniée dans les styles de Gong-fu traditionnels. Il en existe une grande variété, en fonction du nombre et de l’orientation de ses branches et dents. On peut trouver ce même terme pour désigner, dans l’impressionnant arsenal des armes et armes-outils de la Chine ancienne, une petite lance, une faux, une bêche, une houe.

►Chigiriki (Jap.) : « étoile du matin ». Simple instrument agraire, le fléau à battre le grain est devenu, par nécessité de défense du paysan devant les incursions guerrières, une véritable arme.  Le manche de bois fut prolongé d’une chaîne de métal terminé par une masse. Une évolution ultérieure fut la Kusarigama (avec l’ajout d’une lame), également utilisée par les samouraï.

►Eiku (Jap.) : Aussi Ekku, la rame. Cet instrument rudimentaire, indispensable aux pêcheurs d’Okinawa, a aussi été l’une des armes les plus redoutables développées par les insulaires au cours des siècles passés. Sur une longueur d’environ 1.60 mètres, le manche, rond, prenait un mètre. L’extrémité large et plate, avait une épaisseur d’environ deux centimètres sur son axe central, qui allait en s’amincissant sur les bords, jusqu’à devenir mince et coupante.
Arme-EkkuLe Eiku-jutsu est la technique de maniement de combat avec cette rame, qui fut développée dans les arts martiaux du Ko-bujutsu puis du Kobudo. La rame, en bois dur, pouvait être maniée soit comme un bâton, autorisant coups de taille comme d’estoc, soit, avec sa partie plate, comme une lame lourde et large avec laquelle on pouvait développer une énergie cinétique dévastatrice. De plus, cette arme potentielle, qui pouvait être portée par les pêcheurs d’Okinawa sans qu’on les soupçonne de vouloir en découdre avec les Samouraï de l’armée japonaise occupante, était d’une telle allonge qu’elle plaçait en état d’infériorité n’importe quel guerrier même lourdement armé mais de façon conventionnelle. Il existe quelques rares Kata (enchaînement de mouvements, avec ou sans arme), tel le Tsuken Akahachi-no-kai (ou Chikin-hakashu-no-eiku-di), peu enseignés et peu pratiqués de nos jours, rarement démontrés au grand public. On pourra également noter que dans la légende de Musashi, il est fait état d’un combat qu’il aurat mené et gagné à l’aide une rame.

►Fu (Chin.) : Hache de combat, arme du Bing-qi.

►Ji (Chin.) : Aussi Jyi, Jih, Ki, Tsi : hallebarde, arme du Bing-qi. Le terme de hallebarde est une expression très générique pour désigner quantité d’armes emmanchées sur un manche long dont formes et poids sont très variables. Il englobe notamment certaines formes de haches (Fu), de lances (Qiang) et de fauchards (Guan-dao, Da-dao, Tai-dao).
L’idéogramme chinois désigne, à l’origine, une lance munie de deux branches légèrement recourbées ou une lance à trois pointes d’environ 3.20 mètres. Par extension, il s’agit plus simplement d’une lance comportant une ou plusieurs lames latérales pouvant être utilisées en coup de taille, pour trancher, ce qui multiplie l’efficacité de l’arme. L’origine ancienne de cette arme est le Ge (aussi Ko, Ke, Ger, Geh, Gee), ou «hallebarde à crochets » (voir définition citée ci-dessus).
Arme-HallebardeLa spécificité de la hallebarde est d’adjoindre une capacité de taille (coupe), à celle de l’estoc (pointe), ce qui ajoute à l’efficacité de l’arme, notamment dans des combats contre des cavaliers. Par conséquent, ce surcroît d’efficacité implique un poids plus élevé de la lame… donc une manipulation plus physique.
Dans la catégorie des hallebardes entrent d’autres nombreuses armes de hast (armes à long manche) dont les Chinois sont friands. On peut, parmi bien d’autres, citer diverses pelles (Chan) qui, à l’origine étaient des instruments funéraires spécifiques aux Bouddhistes, faux, fourches, et fourchons (Cha), râteaux (Pa), haches (Fu), masses (Chui) ainsi que des formes plus ou moins étranges encore avec les «mains de justice » (Bishou) représentant une main, ou un poing, tenant un pinceau de Juge (Bi) et autres griffes emmanchées (Chazo ou Chua). La plupart de ces armes étranges, fort lourdes à manier, possédaient une valeur plus rituelle que militaire, bien qu’elles aient pu servir, le cas échéant.
Pour terminer, nous pouvons citer quelques noms de hallebardes traditionnelles :
•    Laoying-tou-dao : hallebarde à la tête d’aigle,
•    Chan-dao : hallebarde en pelle,
•    Guan-dao : hallebarde de Guan-yin ou hallebarde des annales,
•    Ba-jen-dao : hallebarde aux huit tranchants aussi nommée «trois pointes et huit tranchants »,
•    Chuang-ji : double vouge,
•    Ji : vouge,
•    Xian-tou-dao : hallebarde à la tête d’éléphant,
•    Lohan-chan-dao : hallebarde de la pelle de Lohan,
•    Siu-chan : petite fourche,
•    Jeou-dao : sabre de lutteur,
•    Lung-cha : fourche Dragon,
•    Wai-jian-chan : pelle à lame inversée (fauchard),
•    Ta-yue : grande hache de guerre,
•    Wu-pa : râteau de guerre…

►Jiu-wan-tai-dao (Chin.) : Fauchard à lame large et dont le contre-tranchant était garni de neuf anneaux métalliques destinés à arracher les chaires lors du retrait de l’arme. Arme du Bing-qi.

►Jo (Jap.) : Bâton de longueur moyenne (environ 1.30 mètre) et de section cylindrique, pour la pratique des arts martiaux Jo-jutsu, Judo et Aïkido, développé à partir du bâton long de 1.80 (Bo cité précédemment). C’est Muso Gonnosuke, expert dans l’art martial du Jo-jutsu, qui racourcit son bâton long (Bo) afin de donner à son extrémité une plus grande vitesse : le Jo était né.
Arme-JoLa voie du bâton ou «jodo », fut élaborée en 1955 par Shimizu Takagi, à partir des anciennes techniques du Jo-jutsu et de l’art de la tradition du bâton court  de Muso Gonnosuke. Cet art se compose essentiellement de Kata. Un Kata est une séquence de techniques dont le déroulement reproduit un schéma de combat contre un ou plusieurs adversaires attaquant sous des angles différents. Ces Kata sont au nombre de 64, répartis en 7 séries. Ils se pratiquent à deux, Jo contre sabre de bois (Bokken) : le partenaire qui attaque de son Bokken est Uchi-dachi, et celui qui se défend (Shi-dachi) avec le Jo, contre et reste toujours vainqueur dans ces séries strictement codifiées.

… à suivre

Être débutant à l’A.R.A. c’est quoi ? (JARA10)

Dans cet article, nous allons tenter de poser (et de répondre aussi) à certaines questions qui peuvent naître dans l’esprit d’un pratiquant débutant l’Aïkitaï Jutsu. Il est vrai que souvent dans un club, un « nouveau » ou une « nouvelle » n’ose pas interroger, poser les questions.
Nous allons donc tenter de rédiger un rapport d’étonnement et des ébauches de solutions. Mais chacun dans son club devra pouvoir poser ses questions ou apporter ses réponses.

Avant toute chose, il est utile de définir ce qu’est un débutant.
Selon le dictionnaire :
débutant, adjectif / Féminin -ante.
Sens : Qui débute, qui n’a pas d’expérience en la (une) matière. Synonyme nouveau.

debutantUn débutant c’est aussi un pratiquant qui connait des progrès spectaculaires. Le débutant doit en général apprendre très vite les rudiments de l’Aïkitai Jutsu : les chutes, les noms des attaques, des saisies et des techniques, les grands principes et règles qui régissent notre art martial. Il faut lui reconnaître ce mérite que la quantité d’informations qu’il doit ingérer et digérer est énorme. Un gradé, de son côté n’a plus qu’à, si on peut dire, comprendre le sens de son travail et trouver sa forme de corps.
Alors si nous pouvions aider les débutants à mieux comprendre leur environnement, à mieux appréhender l’univers martial, soyons sûrs qu’ils n’en seraient que plus motivés pour poursuivre, puis à leur tour, partager.
Il y a un adage à respecter, c’est celui de : « laisser les débutants débuter ». Il est nécessaire qu’il (elle) s’approprie un peu l’art martial et il est donc utile de laisser au débutant le temps de débuter…  Ne pas trop l’abreuver de précisions et ne pas non plus lui parler en permanence lorsqu’il pratique, mais le laisser se concentrer, le laisser aussi faire des erreurs et chercher lui-même les bonnes réponses. Il faut aussi qu’il ait le temps d’ »apprécier » l’Aïkitai jutsu en quelque sorte. Et si on peut se permettre, ajoutons qu’il y a un intérêt pour les plus gradés à travailler avec des débutants (ce que certains rechignent parfois à faire dès qu’ils « se colorent »), c’est que le débutant n’est pas « formaté », il n’a pas encore acquis la manière de subir une technique ou faire une chute spécifique. Il permet donc au partenaire de pratiquer dans une version plus « réaliste », par conséquent si une technique donnée passe sur un débutant, on peut postuler qu’elle sera bien faite. Si on voulait terminer sur un consensus, on dirait que le débutant fait progresser le gradé autant que le gradé lui permet d’avancer.
A la lumière de ce témoignage, il est donc un autre domaine que les débutants doivent assimiler en arrivant dans nos dojos, c’est la découverte de leur ignorance et la rencontre avec « ceux qui savent ». En analysant le témoignage de cette pratiquante, on s’aperçoit que la question sous tendue est la suivante : « L’Aïkido ou l’Aïkitaï jutsu doit-il être mystique ? »
Question sensible (ou non) dans les arts martiaux. On pourrait répondre simplement que parfois, il y a des pratiquants qui pensent nécessaire d’entretenir un certain mystère autour de l’Aïki. Les « secrets » des Maîtres doivent se mériter !  Seulement on peut se demander si ces mêmes «gardiens de la Tradition » ne sont pas dans l’erreur. La Voie Martiale, si elle existe toujours, n’a plus les mêmes objectifs que par le passé et les secrets des écoles de Samouraïs sont largement étalés sur le net et dans les livres. O’Senseï était le premier à montrer, à décrire, à parler et même si à la fin de sa vie il était plus mystique (au sens religieux du terme), il n’a jamais voulu,  à priori, faire des mystères de son Art. La vocation de l’Aïki n’est pas le secret, c’est la diffusion au plus grand nombre, ce n’est pas pour rien qu’il a envoyé ses émissaires aux quatre coins du globe.
Alors dans le vestiaire comme sur le tatami, soyons humbles et accueillants, partageons la joie de pratiquer, même et surtout avec les nouveaux. Le vrai secret de l’Aïkitai jutsu est plus sûrement de savoir transmettre ce que nous savons, de savoir partager nos connaissances, si maigres soient-elles.
On pourrait dire, en conclusion que les débutants doivent être considérés comme les jeunes pousses de notre Fédération, et à ce titre, il faut les entretenir avec soin.
Vous avez, nous avons, été débutants un jour et à cette époque, nous étions heureux d’être guidés, aidés, encadrés, conseillés par les « anciens ». Alors soyons à notre tour ces guides, car dans quelques années ils seront les gradés et les techniciens chargés de la transmission de notre voie.

témoignage… :

« … Je ne pratique l’aïkido que depuis très peu de temps et il est un point sur lequel j’ai parfois du mal à adhérer. C’est ce côté « mystique » qu’entretiennent les pratiquants. Mystique n’est peut-être pas le terme adéquat mais à brûle pourpoint je n’en  trouve pas d’autre… Je sais bien qu’il y a un côté mystique à la pratique d’un art martial quel qu’il soit, et ce côté mystique les pratiquants prennent en général même plaisir et même un devoir à le développer à le pérenniser, à l’enrichir même comme si cela pouvait le rendre plus valorisant. Je me souviens d’un de mes premiers cours lorsque j’ai demandé dans le vestiaire depuis combien de temps les filles pratiquaient, personne ne m’a répondu. Sur le coup, je me suis dit que l’Aïkitai jutsu ne rendait pas aimable :-(. Je ne leur demandais pas combien de temps il fallait pour porter un hakama, ni pour atteindre tel ou tel grade, car je ne suis pas si bête, je sais bien que ce n’est pas une question de temps. Je posais juste une question simple et je me retrouvais devant un mur. Aujourd’hui il m’est toujours difficile de comprendre pourquoi on ne dit pas « j’en fais depuis tant de temps », on le dit bien sur d’autres sujets, pourquoi pas sur celui-là ? Ne peut-on pas être simple ?… »

La trousse d’urgence au dojo (JARA10)

Lorsque nous pratiquons, il est régulier que se présente une légère blessure. Il est donc indispensable que votre dojo soit équipé d’une petite armoire à pharmacie. Bien entendu tout geste allant au-delà du simple pansement ou bandage est hors de nos compétences en général et il ne faut pas entreprendre de soins dépassant nos connaissances. Nous vous dressons ci-dessous une liste (non exhaustive) de ce que pourrait contenir votre trousse de secours.

112Et bien entendu avoir à portée de main (au bord du tatami) un téléphone portable pour composer le 112 au cas où il serait nécessaire de faire intervenir les services de secours. Dans ce cas, penser à vérifier que tous les accès soient bien dégagés et qu’il n’y ait aucun obstacle au passage éventuel d’un brancard.

UNE TROUSSE D’URGENCE TYPIQUE :

1.    Une paire de ciseaux
(Pratique aussi pour couper les rouleaux de ceinture)
2.    Une pince à écharde
(les Bokken et autres Jo sont parfois un brin malicieux)
3.    Des petits sacs-poubelles jetables
4.    Du papier essuie main
5.    Des gants jetables
6.    Du sparadrap
7.    Des pansements de plusieurs tailles
8.    Des compresses stériles
9.    Un sachet de coton
10.    Des tampons hémostatiques
11.    Des bandelettes pour sutures
12.    Des bandes de crêpe
(type Velpeau 5 et 7 cm X 3m)
13.    Des filets de maille élastique tubulaire
14.    Une écharpe triangulaire
15.    Une bombe de froid
16.    Du savon liquide
17.    Un antiseptique unidose
18.    Éventuellement un tube de granules d’arnica