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La technique oubliée – démontrée par Tadashi Abe (JARA9)

Nous retranscrivons ici des passages des ouvrages faits par Tadashi Abe avec l’aide de Jean Zin dans les années 60, il est assez intéressant de voir certaines des techniques qui se pratiquaient à l’époque, avec les termes de l’époque.
Même si certains termes changent, la forme et le fond restent encore d’actualité. Faites-vous votre idée !

 

Textes et images extraits de:
l’Aiki-do Méthode créée par le maître MORIHEI UESHIBA
L’arme et l’esprit du samouraï japonais par Tadashi Abe
Adaptation et descriptions de Jean Zin.

 

Mouvements fondamentaux – Deuxième positif (1-3) – Deuxième négatif (4-6)

 

La position du dojo (JARA9)

S’il existe de nombreuses descriptions de l’orientation idéale du dojo, nous sommes toujours confrontés à certaines questions : comment faire quand la porte de sortie se trouve située à l’est, suite à une fantaisie d’architecte ? Ou bien quand le kamiza est installé sur le mur sud ou ouest du dojo ? Après une présentation générale des règles d’or, nous tenterons d’apporter des éclairages permettant de répondre à ces questions.

La disposition intérieure de la salle où sont installés les tatamis ne doit rien au hasard ou à un simple désir de décoration. Elle est une application matérielle de l’éthique propre à notre discipline. Elle vise donc à permettre : la meilleure efficacité de l’enseignement, le respect des personnes, en assurant sécurité et hygiène, le respect des lieux, en assurant ordre et propreté, le respect de l’éthique, en définissant les rapports entre tous.
Le dojo (道場) est le lieu où l’on étudie et cherche la voie (道). Historiquement le dojo était la salle d’un temple religieux consacré à la méditation. Ces salles ont été utilisées par la suite pour l’enseignement des arts martiaux.

Le kamiza

Le dojo obéit à des règles d’or concernant son orientation. Ces règles furent fixées par l’empereur Kammu (736-805), pendant l’ère Heian.
Le côté honorifique, le kamiza (上座), littéralement le côté élevé, est situé face au sud. C’est le mur (za) des esprits (kami).

Le kamiza de Fleury-sur-Andelle lors d'un stage enfants
Le kamiza de Fleury-sur-Andelle lors d’un stage enfants

Le kamiza dispose d’un autel (ou niche) : le tokonoma (床の間), où l’on peut déposer des éléments décoratifs. A l’origine cette alcove représentait symboliquement la grotte céleste dans laquelle s’était réfugiée Amateratsu, la déesse du soleil (voir JARA n° 6). Dans cette niche, l’Empereur conservait les “Trois Joyaux” du Japon : un miroir de bronze poli, une épée droite, un joyau écarlate.
Il est traditionnel d’y déposer un bouquet arrangé selon la tradition de l’ikebana (生け花 ) ou un bonsaï qui matérialisera les forces de la nature. En fait, on peut utiliser de nombreux éléments décoratifs : pierre, statuette, éventail, ou casque qui seront déposés sur une table symbolisant le tokonoma. Parfois dans les dojos traditionnels, ce mur était composé d’une cloison de bois permettant d’y disposer divers rangements. où l’on dissimulait des armes.
Aujourd’hui, le kamiza est plus souvent simplement décoré d’un portrait représentant le fondateur de la discipline enseignée. C’est à l’occasion de manifestation particulière que l’on aménage un tokonoma «éphémère». De plus, dans les dojos publics utilisés pour de nombreuses disciplines (y compris non martiales !) on trouve souvent sur le kamiza les portraits de plusieurs fondateurs comme Morihei Ueshiba (aïkido) ou Jigoro Kano (Judo).  L’enseignant s’assied toujours dos au kamiza. Et c’est aussi près de lui que doit être placé un invité de marque.

Orientation du dojo
Orientation du dojo

Le shimoza

Le mur situé face au kamiza est le shimoza (下座), littéralement le côté bas, où sont assis les élèves qui font face au sensei. C’est le mur des ancêtres (shimo). A droite, côté Est, les plus gradés, à gauche, côté Ouest, les moins gradés.
Le Shimoza représente le culte des ancêtres et la piété filiale ainsi que la force des anciennes traditions. C’est donc symboliquement le lieu où l’on va recevoir, dans le respect, l’enseignement des aînés qui perpétuent les traditions qu’ils ont reçus eux-mêmes de leurs pères.

Joseki et Shimozeki

Le Migi Gawa (côté droit) du dojo si l’on regarde face au Nord est donc le mur Est. Appelé Joseki (côté supérieur) il est considéré comme Ura, donc Yin et féminin et est traditionnellement réservé aux instructeurs qui assistent le sensei.

Le Hidari Gawa (côté gauche) si l’on regarde face au Nord est donc le mur Ouest. Appelé Shimozeki, il est considéré comme Omote, donc Yang et masculin et est occupé par les élèves les plus jeunes, les débutants, les moins gradés (kohai).

Symbolique d’enseignement

Cette orientation a une signification symbolique. Face au Sud, l’enseignant reçoit la lumière du soleil, qui est la connaissance qu’il doit transmettre. Les élèves ne peuvent voir cette lumière qu’au travers de la réflexion qu’en offre l’enseignant, qui se doit donc d’être le miroir le plus fidèle possible. Les pratiquants anciens sont du côté du soleil levant : de par leur ancienneté, ils commencent à comprendre les principes essentiels de leur discipline, alors que les débutants sont encore dans l’ombre.

Dojo traditionnel
Dojo traditionnel

La porte dojo est traditionnellement construite dans l’angle inférieur situé au Sud-Ouest de la salle. Les débutants se trouvant près de l’aire d’attente dans le coin sud-ouest sont donc près de la porte d’entrée et de sortie. C’est le coin des « sans-grade » et « sans nom », ceux qui se faisaient tuer en premier lorsque le dojo était attaqué, on y place également les visiteurs.  A l’opposé, côté Est, les plus hauts gradés protégeaient le Maître de leur sabre.

Le placement des invités du côté des débutants près du mur Ouest (Shimozeki), quand il existait de nombreuses écoles concurrentes, rendait difficile aux éventuels espions envoyés par les autres écoles de voir les techniques particulières à ce dojo pratiquées par les anciens près du mur Est.

Traditions et fantaisies d’architecte

Et maintenant pensez à votre dojo… Est-il orienté correctement ?  le kamiza est-il bien situé sur le mur Nord afin que lors du salut l’enseignant soit inondé par les rayons du soleil ? Et la porte d’entrée de votre dojo où est-elle située ? Si cette porte se trouve dans le coin inférieur sud-est, que privilégiez-vous ? Mettre les anciens à l’ouest afin que les «sans-grade» puissent donner leur vie en cas d’intrusion fortuite ? Dans ce cas les sempaïs se retrouvent dans l’ombre (à l’ouest)  et ne bénéficient pas des premiers rayons du soleil (de la connaissance)…
Force est de constater que dans beaucoup de cas, l’édifice dans lequel nous pratiquons n’a pas été pensé pour être un dojo… c’est en fait une salle de sport polyvalente que nous adaptons.
A vous donc, en fonction de la symbolique que vous préférerez, de disposer vos élèves… la transmission du savoir combinée à la tolérance et à l’adaptabilité restant, dans notre culture, l’élément fondamental.

Sources :

Blog Bushidô, la voie du guerrier : http://bushido.over-blog.com/article-17754743.html
Blog Tunis Aikido : http://tunisaikido.blogspot.fr/2008/11/architecture-dun-dojo-daikido.html
Wai Jia, arts du poing externe : http://www.tao-yin.com/wai-jia/dojo_1.htm
Le blog d’Emilie : http://www.infoaikido.com/tag/dojo/
Takemusu Aikido Renmei France : http://itaaf.free.fr/

Bresles accueille un stage national, 6 et 7 avril 2013 (JARA9)

Les 6 et 7 avril  2013, le dojo de Bresles a accueilli un stage national encadré par Jean-Pierre Le Pierres et Christian Bouché Pillon. Ce stage s’est déroulé sur deux jours et a réuni plus de 50 participants. Ce reportage photo vous montrera que joie de vivre et assiduité étaient au menu ! Un grand merci aux organisateurs de cette manifestation réussie.

 

2013_04_Bresles

La nomenclature de l’A.R.A. (JARA9)

La nouvelle nomenclature de l’A.R.A. vient de paraître.
76 pages, un travail énorme de remise en forme, l’introduction de photographies pour les séries Tadashi ABE. Nous avons souhaité vous présenter les nouveautés de cette nomenclature ainsi que les avantages que chacun pourra y trouver.

(La nomenclature peut être consultée dans la partie réservée aux membres)

NomenclatureCouvertureComme il est indiqué dans le préambule de cet ouvrage « La présente nomenclature technique a été réalisée par le collège technique de L’Aikitai jutsu Ryu ABE, sous la responsabilité de l’expert fédéral.
Son but n’est pas de normaliser, ni de figer les techniques des différents grades KYU et DAN au sein de notre école, mais de donner un support de travail à tous les pratiquants, ainsi qu’un répertoire de techniques dans lequel chaque enseignant pourra puiser pour définir le niveau des grades KYU de son dojo, et de permettre à chaque postulant pour un passage de grade DAN, de se préparer dans le sens du travail demandé pour cet examen.»

Le sommaire de la nomenclature

PRÉAMBULE
MAITRE TADASHI ABE
QU’EST-CE QUE L’AÏKIDO ?
MODES DE TRAVAIL
MODES D’ENTRAINEMENT
TECHNIQUES
FORMES D’ATTAQUES ET DE SAISIES
CONNAISSANCES DE BASE
EXERCICES PRÉPARATOIRES DE BASE
AU SUJET DE LA TECHNIQUE
GRADES KYU (la progression)
6ème KYU
5ème KYU
4ème KYU
3ème KYU
2ème KYU
1er KYU
GRADES DAN
(la progression, les critères)
1er DAN
2ème DAN
3ème DAN
4ème DAN
5ème DAN
PROGRESSION EN GRADES
TERMINOLOGIE USUELLE
SÉRIES ÉCOLE AIKITAI JUTSU RYU ABE
Première série
Deuxième série
Troisième série
Quatrième série
Cinquième série
NOTES PERSONNELLES

VOCABULAIRE ET CONNAISSANCES DE BASE

La première partie de la nomenclature permet de se familiariser avec quelques notions fondamentales. Après un bref historique retraçant l’histoire de l’aïkido, les grandes voies de la discipline sont présentées. Dans cette partie, on découvrira un vocabulaire technique avec lequel les pratiquants ne sont pas forcément familiers. Tout le monde a entendu parler dans son dojo du travail «gono» (travail dur)… Il est intéressant de découvrir que cela s’écrit «Go no Keiko» et d’apprendre que le travail en souplesse se nomme «Ju no keiko». La fin de la première partie rassemble les techniques listées de façon exhaustive et les connaissances de base (positions, exercices,…). Elle constitue, en quelque sorte, un dictionnaire qu’il est bon d’avoir toujours sous la main.

LA PRÉPARATION DES GRADES KYU

Nomenclature3emekyu
Feuille « guide » pour la préparation du 3ème kyu

Du 6ème kyu (ceinture blanche) au 1er kyu (ceinture marron), une liste des techniques devant être connues, sues ou maîtrisées, est proposée.
Comme il est indiqué : «Ce programme technique est purement indicatif, charge à chaque enseignant de fixer le niveau des connaissances techniques des grades kyu de son dojo». On pourra donc se référer, grade par grade, aux techniques demandées. Celles-ci sont présentées par groupe (Tachi waza, Nage waza, Ushiro waza, Suwari waza, Hanmi andachi waza, Bokken et Jô).

LA PRÉPARATION DES GRADES DAN

Nomenclature2emeDAN
Feuille du programme 2ème DAN

Contrairement aux grades kyu, le programme technique pour le passage des grades DAN est imposé. Vous trouverez donc dans cette nomenclature révisée les nouveaux programmes pour chaque grade (jusqu’au 5ème DAN). Chaque programme est présenté sur une page. Il est difficile de donner une idée de la présentation générale car elle varie réellement selon les grades (sauf la présentation du 1er et 2ème DAN qui sont assez similaires). Un tableau de progression en grades avec les délais minimum entre chaque grade clos ce chapitre.

LES SÉRIES TADASHI ABE

NomenclatureSérie
Feuille technique du 5ème mouvement de la première série Tadashi Abe

C’est une partie désormais très importante de la nomenclature ! Les 5 premières séries sont présentées sur 46 pages. Pour chaque série, en tête de chapitre la liste des 10 mouvements composant la série est déroulée de façon synthétique constituant un véritable «pense-bête» pour les postulants. Ensuite, chaque mouvement est détaillé avec des illustrations en couleur où les phases essentielles sont reprises (voir l’exemple ci-dessous). Lorsqu’un détail mérite une attention particulière, un cercle rouge l’indique sur la photo.

Comme il est précisé dans la première partie, cette nomenclature a vraiment été conçue pour servir de support technique et pédagogique aux différents pratiquants de notre école, l’A.R.A., du débutant au professeur confirmé.

Bonne lecture !

Méthodes d’apprentissage – enfants (JARA8)

Certains clubs de notre école emploient des méthodes variées pour faire apprendre la terminologie ou les techniques de notre art martial à leurs adhérents. La plupart du temps, les enfants sont sensibles aux jeux ; Olivier, Pascal et Jeff du club d’Ermont nous décrivent quelques unes de leurs méthodes:

Amuser, entraîner, instruire, transmettre, autant de verbes qu’il est parfois difficile de conjuguer avec un groupe d’enfants. Pour débuter le cours des enfants nous commençons souvent par un ou des jeux qui mettent en condition tout en ayant un rapport étroit avec la pratique de l’Aïkido.
Un jour, nous avons découvert une mine de propositions variées que nous avons adaptées et parmi celles-ci, deux font aujourd’hui partie de nos « classiques » et sont souvent réclamé par les participants : le shik-hockey et la tour de ronde.

Le «shik-hockey»

SAMSUNG
Shik-hockey, un hockey pratiqué en shikkô avec des chambaras !

Pratiqué en début de séance,

ce jeu est à la fois simple et stimulant. On constitue deux équipes réparties en deux clans. On installe deux buts (nous utilisons des paos de frappes pour délimiter les cages). Chaque joueur se voit remettre un chambara (le goal également). Les règles sont celles du hockey (ou du foot), l’objectif étant pour chaque équipe de marquer le plus de buts contre l’équipe adverse. La contrainte, et non des moindre, étant de se déplacer en shikkô uniquement! Jeu de passe, observation et rapidité sont entre autres trois aspects

Pao
Pao de frappe utilisé pour délimiter les buts

particulièrement développés dans ce jeu/échauffement. On prend soin d’intervertir le gardien toutes les 3 minutes environ. La balle utilisée est petite (10 centimètres de diamètre) et lestée. Ce jeu présente un double avantage, il induit immédiatement une belle cohésion de groupe et fait du shikkô un mode déplacement presque naturel et amusant.
Le terme de «shik-hockey» (contraction de shikkô et hockey) a été inventé par les enfants eux-mêmes.

La tour de ronde

SAMSUNG
La tour de ronde, initiation au changements de garde et au randori

Nous pratiquons ce jeu en fin de séance. Il est considéré comme la récompense suprême! Les enfants sont disposés en cercle, un Jô posé au sol et tenu à une main. On choisit un sens de rotation. Un enfant compte à haute voix et posément. A chaque chiffre énoncé, les enfants lâchent leur Jô et saisissent le Jô du copain situé à gauche (dans le cas d’un sens de rotation horaire) ou à sa droite (rotation antihoraire). Si un Jô tombe à terre (n’est pas rattrapé), on recommence à compter à partir de 1. L’objectif étant d’arriver au score le plus élevé. Une variante consiste à faire changer de main à chaque changement de Jô, obligeant ainsi à se placer à l’intérieur puis à l’extérieur du cercle. Ce travail favorise une grande concentration et est idéal en fin de séance. La variante intérieure/extérieure fait travailler les changements de garde de façon naturelle et ludique.

Bibliographie :
Traduction par P. Baraton, D. Diep et L. Merlet du site anglais, publiée dans la lettre n°5 de la ligue Languedoc-Roussillon de la FFAB et disponible en pdf sur
http://www.lr-aikido-ffab.fr/sites/default/files/doc_image/documents/administratif/AIKIDOKIDS_fr.pdf

Webographie: http://www.aikidokids.com/games.html

Nomenclature simplifiée pour les katas de bokken (JARA8)

De plus en plus souvent, nous avons l’occasion de travailler le bokken au cours de stages, de cours ou de rencontres au sein de notre fédération. Maintenant que nous sommes bien familiarisés avec les noms des techniques à mains nues, nous voilà confrontés à un nouveau vocabulaire dont la consonance enchanteresse n’en est pas moins difficile à mémoriser. Nous vous proposons ici un petit rappel de la terminologie de base commune à plusieurs écoles de Iaïdo (l’art du sabre).

Bokken    Il existe 4 phases principales dans un mouvement de Iaï-Do :

  •     dégainé et première coupe sur un plan vertical (nuki tsuke)
  •     coupe principale (kiri tsuke)
  •     nettoyage de la lame (chiburi)
  •     rangement de la lame dans le fourreau (notō)Bokken_salut

Il y a bien sur des phases intermédiaires qui portent chacune un nom spécifique citons-en deux :

  •     menacer l’ennemi (seme)
  •     armer le sabre (furikabute)

    Bokken_Oishi-giri
    Oïshi-giri

Les principaux types de «coupe»

où l’on retrouve un vocabulaire plus familier :
Shomen-uchi : coupe verticale sur le sommet de la tête
Men-uchi : coupe verticale au niveau de la tête
Yokomen-uchi : coupe latérale à la tête
Kesa-giri : coupe de haut en bas effectuée en diagonale
Gyaku Kesa-giri : coupe de bas en haut effectuée en diagonale
Sayu giri do : coupe puissante à deux mains pour trancher le ventre (nuki uchi en kendo)
Sayu giri men : décapitation
Kiri age : coupe en remontant
Tsuki : coup porté avec la pointe de la lame
Oïshi-giri : trancher à l’aide de la main posée sur le dos de la lame (mune).

Les principales gardes de base (Kamae)

Bokken_Waki-no-kamae
Waki-no-kamae

Les positions de gardes peuvent être réalisées en position migi (droite) ou hidari (gauche).

Jōdan-no-kamae : garde haute
Seigan-no-kamae : garde avec la pointe orientée vers les yeux
Chūdan-no-kamae : garde «intermédiaire», pointe orientée vers la gorge
Gedan-no-kamae : garde basse
Hassō-no-kamae : lame tenue verticalement à côté de la tête : garde offensive la main droite sur     sa joue la main gauche au centre, les hanches en hanmi.
Waki-no-kamae : lame vers le bas, tenue derrière le corps, sur le côté.

Hasso-no-kamae
Hasso-no-kamae

In memoriam NORO Masamishi Sensei (JARA8)

NORO Masamishi Senseï, père du Kinomichi s’est éteint  le 15 mars 2013

Masamichi_Noro_2Nous avons appris avec émotion le décès de NORO Masamishi Senseï, le 15 mars 2013. Il était né le 21 janvier 1935 à Aomori au Japon. Une des caractéristiques de ses jeunes années est l’univers musical dans lequel il a baigné et qui marquera fortement sa sensibilité. Son éducation le destine à reprendre les affaires familiales mais une rencontre orientera définitivement sa vie vers les arts martiaux. En 1955, alors qu’il poursuit des études universitaires, il obtient de son oncle d’être présenté à un fameux maître de Ju-jitsu, Maître Morihei Ueshiba fondateur de l’Aïkido… Dès 1961 il diffusera l’Aïkido de O SENSEI à travers l’Europe. En 1979, après un entretien avec Maître Kishomaru Ueshiba, le fils du fondateur, il crée le Kinomichi afin de pousser plus loin sa quête. Après une période d’ajustements et d’intenses recherches, les liens entre le Kinomichi et l’Aïkido se développent et s’approfondissent. Jean-Pierre Le Pierres, a pratiqué avec lui. Que l’on adhère ou pas à son école, c’est une lumière de plus de notre art martial qui s’éteint….

La technique oubliée – démontrée par Tadashi Abe (JARA8)

Ayant la chance d’être tombés sur des ouvrages faits par Tadashi Abe avec l’aide de Jean Zin dans les années 60, nous nous sommes dit que nous pourrions présenter certaines des techniques qui se pratiquaient à l’époque, avec les termes de l’époque. Une rubrique un peu vintage, pour un retour à la source de notre école. (Textes et photos de l’époque)

Premier principe (ik kajo) – 4ème mouvement négatif – 1ère série Shiro nage ura

Textes et images extraits de: l’Aiki-do Méthode créée par le maître MORIHEI UESHIBA L’Aïkido, la victoire par la paix par Tadashi Abe. Adaptation et descriptions de Jean Zin.

Une courte histoire du Japon à travers les bâtons (JARA8)

Shogun Minamoto
Figure 1 – Shogun Minamoto no Sanetomo (源 実朝, 1192 –1219) muni de son shaku. Dessin de Goshin 1939.

En relisant le livre de Jean Zin le Tam-bo, le bâton : arme de défense,  je me suis arrêté sur la partie décrivant brièvement l’historique du Jô-Jitsu. Les repères chronologiques ne m’ont pas semblé évidents.  Je me suis donc plongé dans divers documents (en ligne et sur du vrai papier) pour me faire un petit pense-bête. C’est ce pense-bête que je propose de partager aujourd’hui avec les lecteurs du JARA !

 

Les bâtons (Extrait du livre de Jean Zin LE TAM-BO, page 23)
Noms Dimensions (JAP) Dimensions (EUR) Types
Hassaku-Bô 8 Shaku 2,40 m Lance
Rokushaku-Bô 6 Shaku 1,80 m Hallebarde
4 Shaku 2 Sun 1,26 m Grand sabre
Ham-Bô 3 Shaku 0,90 m Sabre
Tam-Bô 1 Shaku 2 Sun 0,36 à 0,50 m Poignard

Si les anciens shoguns et les nobles sont couramment représentés avec leur bâton protocolaire (shaku, 笏), il faut attendre le VIème siècle pour voir le bâton long présenté comme arme de combat. On date donc approximativement la naissance du Jô-Jitsu à cette époque.

Au VIIIème siècle, à l’époque Nara le bâton long et lourd est une très bonne défense contre les armes tranchantes. C’est, on suppose, les techniques de maniement de cet objet qui sont développées.

L’apparition de bâtons plus légers remontent au XIème siècle, quand deux clans s’opposent – La famille Genji qui opte pour la méthode de l’aïki avec toutes les techniques du bâton (Jô) – et la famille Heike qui opte pour des armes lourdes comme des bâtons hérissés de pics de la taille d’une batte de baseball (Kanabô , 金棒) ou bien pesant pouvant être uniquement métallique (Tetsubô , 鉄棒), perser de 20 à 30kg et mesurer près de 4 mètres. Inutile de préciser quel clan fut vainqueur et à quel point cet épisode a pu faire évoluer les techniques de combats au bâton.

Testsubo
Figure 2 – Tetsubô

En 1192, le général Minamoto, du clan Genji, après sa victoire sur le clan Heike, fonde le bakufu, gouvernement militaire censé soutenir le gouvernement impérial et dirigé par un général nommé shogun. Il s’installe à Kamakura qui devient la capitale du Japon. Les arts martiaux ne font alors qu’un, tous développés dans le même esprit. La technique du bâton commence à utiliser les principes de l’aïki, applicables en attaque et en défense, contre les armes type ken ou naginata.

Dates clefs

– 660 Naissance de l’Empire du Japon

Après avoir vaincu le royaume Yamato, le prince Jimmu Tennô monte sur le trône et fonde l’empire japonais. Il descend de la déesse solaire Amaterasu.

594 Le bouddhisme religion d’État au Japon

Le prince régent Shotoku fait publier un décret par lequel il favorise l’enracinement du bouddhisme au Japon en le déclarant religion d’État.

1192 Création du shogunat

Conscient de l’incapacité de l’empereur à diriger le pays, le samouraï Minamoto-no-Yoritomo adopte le titre de shogun. Sans supprimer le gouvernement impérial, il édifie à Kamakura un gouvernement militaire qui exercera le vrai pouvoir. Le shogunat sera le régime officiel du Japon jusqu’à 1867.

1868 Restauration de l’empire au Japon

¬Le dernier shogun de la dynastie Tokugawa renonce à ses fonctions et rend le pouvoir à l’empereur du Japon.

A la suite d’un « coup d’état » en 1333, le bakufu se trouve installé à Muromachi (un quartier de Kyôto et non de Tokyo comme indiqué page 21 du livre de Jean Zin). C’est à partir de cette époque et jusqu’au XVIème siècle que les budo prendront leur classification et leurs spécialisation. De nombreuses méthodes de bô-jitsu se développent utilisant des bâtons de toutes les tailles et de toutes les formes. Le côté spectaculaire a toujours été sacrifié au bénéfice de l’efficacité et de l’étiquette. Le jô, à l’image du katana, est une arme noble méritant le respect.

Muso
Figure 3 – Muso Gonnosuke Katsukichi Katsuyoshi avec un Hassakubô (Akashi, Harima provincie. 1605)

La fin de de l’époque Muromachi (vers 1570), extrêmement troublée, porte le nom de Sengoku-jidai (戦国時代) littéralement âge des provinces en guerre. Elle verra l’arrivée des armes à feu (marins portugais) et consécutivement le développement des arts martiaux. Le jô-jitsu renforce ses techniques par l’apport des écoles Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu (天真正伝香取神道流) et Tsutsumi Hozan Ryu (堤宝山流) dans laquelle on utilisait le rokushaku-bô, le tam-bô et le Kusari Furizue (proche des bolas d’Amérique du Sud).
Au début de la période moderne (1603 – 1868) et par ordre du Shogunat Edo les techniques au Furizue furent interdites car jugées indignes de la morale samouraï. A cette époque, Un membre de la famille Muso, expert en arme, eu une illumination dans un temple shintoïste sur la longueur optimale  du bâton.  Elle fut définitivement établie à 1,26 m : dimension jugée pratique pour se défendre contre le sabre, la lance, les armes courtes ou longues.

Shogun Total War
Figure 4 – La bataille fait rage dans le Japon médiéval (Jeu de stratégie Total war Shogun 2)

 

Chronologie

  • Antiquité (Kodai) 250 –  1185

  • Période Yamato 250 – 645

  • Époque de Nara 710 – 784

  • Époque de Heian 784 _ 1192

  • Période féodale (Chūsei) 1185 – 1603

  • Époque de Kamakura  1192 – 1274

  • Époque de Muromachi  1333 – 1573

  • Époque Azuchi momoyama 1573 – 1603

  • Période moderne (Kinsei) 1603 – 1868

  • Époque d’Edo (Tokyo) / Tokugawa

  • Période contemporaine (Kindai / Gendai) 1868…

  • Ère Meiji (1868)

  • Ère Taishō (1912)

  • Ère Shōwa (1926)

  • Ère Heisei 1989…

Dès lors, la pratique du baton comme art de combat, nommée Muso Ryu Jô-Jitsu, fut intégrée à toutes les méthodes.
En 1897, pendant l’ère Meiji et peu de temps après la guerre contre la Chine (1894 – 1895) le gouvernement japonais décida de regrouper toutes les disciplines martiales dont le Kendo, Juken-jitsu (baïonnette), le Naguinata et le Jô-Jitsu dans une école unique : Le Butokukaï. Celui-ci comporta plus de 5 millions de participants pour 40 millions d’habitants. En 1937, un haut comité fut créé plaçant l’Aïkido et les autres arts martiaux dont le Jô-Jitsu sous la direction de Morihei Ueshiba sensei. La deuxième guerre mondiale et l’occupation du Japon par l’armée américaine eût pour premier effet l’interdiction du Butokukaï. Les disciplines existent aujourd’hui de façon indépendante. Jô, Hambô (bokken) et tam-bô sont intégrés aux pratiques de l’Aïkido.

 Bibliographie / Webographie :

Le TAM-BO, Le bâton : Jean Zin
La mort volontaire au Japon, Maurice Pinguet, Eds Gallimard
L’Histoire du Japon de Michel Vié. PUF collection Que Sais-je ?.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon
http://www.wat.tv/video/japon-histoire-dessous-cartes-fdgx_2g1eh_.html
http://www.linternaute.com/histoire/histoire-du-japon/japon.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/eres_du_Japon