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Aïkido et aïkitaï jutsu (JARA10)

Une question revient souvent :  « Ce que vous faites c’est de l’aïkido non ? C’est quoi la différence ? » Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à commenter sur le sujet… La réponse péremptoire du style : «Nous, on est martial, les autres, c’est de la danse», devant être écartée pour deux raisons : d’une part cette dichotomie est simpliste, d’autre part, la différence est loin de résider dans cette simple comparaison…

Des mots rien que des mots

合 ai : union ; harmonie
気 ki : énergie
道 dō : voie (spirituelle)
体 taï : corps
術 jutsu : technique, art

D’un point de vue linguistique, on perçoit déjà la différence. Si l’aïkido et l’aïkitai jutsu possèdent les mêmes principes fondateurs d’union (ne pas s’opposer, rendre l’attaque vaine par sa simple dissolution), il existe une notion spirituelle dans l’aïkido (peu véhiculée par les fédérations européennes) qui est peu ou pas enseignée dans notre école. Néanmoins, selon le principe du yin et du yang dans chaque tout, on discerne une partie de son contraire et l’on ne peut dire qu’une chose soit totalement Yin ou Yang. Une entité est toujours plus Yin ou plus Yang qu’une autre. Alors, on dira que l’aïkitaï jutsu est plus centré sur l’efficacité de la technique et l’aïkido plus centré sur la résolution harmonieuse du conflit naissant.

La naissance de l’Aikitai-jutsu

Satori
Satori, tome 1, Klem Niko, les humanoïdes associés, 2009

L’aïkido comme  l’aïkitai jutsu sont des Budo (bu 武 signifie la guerre et dō 道 la voie). L’aïkido fut fondé par Morihei Ueshiba entre 1925 et 1960 et  officiellement reconnu par le gouvernement japonais en 1940 sous le nom d’aikibudō. L’aïkido a été créé à partir de l’expérience que son fondateur avait de l’enseignement des koryu (écoles d’arts martiaux anciennes), essentiellement le ju-jitsu de l’école daitō ryū, le ken jutsu (art du sabre japonais) et l’aiki jutsu. L’aïkido est donc né de la rencontre entre ces techniques de combat et une réflexion métaphysique de Morihei Ueshiba sur le sens de la pratique martiale à l’ère moderne.
Moriheï Ueshiba entamera la promotion de l’aïkido au niveau mondial et enverra des experts sur tous les continents. En France, Minoru Mochizuki fut le pionnier (1951) suivi par Tadashi Abe (1952) puis Nobuyoshi Tamura (1964). Son fils Kisshomaru poursuivra son œuvre.
Jean-Pierre Le Pierres, expert Fédéral de l’A.R.A., étudia avec Jean Delforge, élève direct de Maître Tadashi ABE, jusqu’en 1975. A partir de 1976 il passe à la FFAB (Fédération Française d’Aïkido et de Budo), en 1980 il entre au GAAN (Groupe Aïkido André Nocquet). En 1987, naît l’EFA (Ecole Française d’Aïkido) qu’il rejoint naturellement. En 1995, voulant insister sur l’aspect martial de son approche, il créé l’ARA « Aïkido Ryu Abe ». En 2008, le terme « aïkido » est abandonné au profit du vocable Aïkitaï Jutsu renforçant encore la notion de martialité au profit de la notion de spiritualité. Jean-Pierre Le Pierres remet alors au goût du jour les « séries » que Tadashi ABE avait créées pour enseigner l’aïkido aux européens. On peut voir, dans cette démarche, un parallèle à celle de maître Tadashi ABE qui, en 1960, rendit ses grades à l’Aïkikaï de Tokyo en disant :  « L’Aïkido que j’ai appris avec O’Sensei était un budo. Depuis mon retour au Japon, je m’aperçois que ce que l’on enseigne ici aujourd’hui n’a plus rien à voir avec cet art martial. Je n’ai plus rien à voir avec vous. Je vous rends mon menjo, certificat de mes grades. »

D’une façon générale, l’utilisation de  » jutsu  » est très fréquente dans les arts de guerre plutôt que « do » (voie au sens spirituel). Cela signifie que les techniques transmises sont des techniques faites pour la survie, le combat véritable, et non pour la compétition ou le perfectionnement de soi-même au travers d’une « voie » (même si cette dimension existe bien évidemment dans notre école). Si les techniques guerrières « jutsu » ont été modifiées pour la sécurité de tous dans les « Budō » modernes, elles doivent, dans notre école, garder leur esprit (atémis, saisie de la trachée, coup de pied,…). D’où une « attitude » demandée dans la pratique de notre art. C’est peut-être là que réside la différence… si tant est qu’il y en ait une, la diversité des courants ne doit pas être perçue comme des dogmes de pensées. Elle doit être vue comme des éclairages variés présentant différentes facettes d’un seul et même art : l’aïkido.

Sources :

http://www.kokorotaijutsu.be/historique/
http://fr.wikipedia.org/wiki/aikido
http://www.aikido.com.fr/Histoire-de-l-Aikido
http://www.aikidonord.com/histoire-de-l-aikido/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Taijutsu
http://www.aikicam.com/

Origami, une histoire de papier (JARA10)

L’Origami est le nom japonais donné à l’art du pliage de papier ; Oru 折 signifiant plier et Kami 紙, papier (à noter que Kami signifie aussi Dieu), mais contrairement à ce que la plupart des gens croient, cet art provient de Chine et non du Japon (les deux kanjis étant d’ailleurs des caractères chinois).

Origami_ComL’origami est issu d’un art ancien populaire de Chine appelé Zhézhi, art regroupant le pliage et découpage du papier créé peu après la découverte de la fabrication du papier vers le IIe siècle avant notre ère. Importé au Japon au VIIe siècle par les moines bouddhistes, l’origami est d’abord uniquement utilisé dans les cérémonies religieuses (du fait du prix élevé du papier). A la période Heian (794-1185) l’origami devient un art de plus en plus pratiqué et ce sont bien les japonais qui deviennent les maîtres de cet art, d’où le fait de l’appeler encore de nos jours sous son nom japonais et non chinois.

L’origami consiste donc, à partir d’une seule feuille de papier, à réaliser à l’aide d’une succession de plis (appelés diagramme) sans collage ou découpage, toutes sortes d’objets, du plus réaliste ou plus irréaliste. D’autres arts comme le kirigami (art du découpage de papier) peuvent être liés à l’origami.
photo2Parmi les nombreux pliages, celui de la grue est un des plus connus, la grue étant un animal important au japon, de nos jours, synonyme de paix. Une légende raconte que quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. L’histoire  d’une petite fille, Sadako, malade des effets de la bombe atomique d’Hiroshima, illustre cette légende. Sadako réussit à en plier 644 avant de mourir. Les élèves de son école finirent de plier les 1 000 grues et érigèrent une statue représentant une petite fille, un vol de grues de papier décollant de ses mains ouvertes, placée dans le parc de la paix d’Hiroshima et ornée de milliers de guirlandes de 1 000 grues.

QUELQUES CONSEILS
photo1Pour commencer en origami, prenez des exemples simples pour vous familiariser avec les symboles et les bases de plis. Le papier doit être fin et résistant. Au début préférez des feuilles dont les deux faces sont de couleurs différentes et cherchez sur internet des schémas aux faces différentes. Faites les plis avec soin et précision (un millimètre de différence pourra engendrer des problèmes par la suite), enfin marquez bien les plis avec l’ongle ou une règle (en faisant attention toutefois à ne pas le déchirer).
Pour faire de petits origamis avec des feuilles aux motifs variés et colorés, prendre des feuilles classiques (80g) et imprimer des motifs trouvés sur internet. Elles sont moins épaisses que les papiers « fait main » japonais, plus faciles à manier et bien moins chères. Pour les bijoux, mettre simplement deux couches de vernis sur l’origami avant de les monter.
En cette période de festivités, pensez à récupérer les papiers cadeaux pour faire vos origamis…

Origami : La grue (JARA10)

La grue, symbole de notre école. Comment réaliser une grue en origami.

 

2013/11 Stage national J.-P. Le Pierres et C. Bouché-Pillon (JARA10)

Les 16 et 17 novembre 2013, le dojo de Bresles a accueilli un stage national encadré par Jean-Pierre Le Pierres, 7e dan et expert fédéral de l’ARA et Christian Bouché Pillon, sans fédération 7e dan décerné par Kobayashi Senseï.


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De l’outil à l’arme : une histoire passionnante – I (JARA10)

Cet article est très largement inspiré d’un mémoire rédigé par Céline Aguillard,  élève du club de Méry-sur-Oise. Nous remercions son auteur pour ce travail.
L’objet de ce dossier est de présenter l’évolution de certains outils de la paysannerie passés du domaine agricole à celui des arts martiaux. Nous nous limiterons dans cette étude aux outils de la paysannerie chinoise et japonaise. Nous avons donc répertorié dans ce dossier plusieurs armes utilisées dans les arts martiaux et nous allons en présenter l’origine et leur utilisation dans le domaine des arts martiaux. Nous allons présenter plusieurs armes – dont certaines sont communes à la Chine et au Japon – ainsi que les modifications qu’elles ont subi afin de passer du domaine de l’agriculture à celui des arts martiaux.
Il faut juste savoir que l’utilisation des armes «nobles» étaient réservé à l’élite et que les paysans n’avaient pas le droit d’en posséder. Mais pour faire face au brigandage, aux razzias ou tout simplement aux dangers de la vie, certains outils ont vu leur utilisation première, se muer en un usage beaucoup plus dangereux…

La reproduction de tout ou partie de ce texte est interdite sauf accord écrit express.

Dans les arts martiaux, la pratique des armes est un volet majeur dans l’évolution. Les armes nous donnent une attitude, une forme de corps. Elles rendent réalistes les attaques et surtout nous permettent de conceptualiser les saisies et frappes. On comprend mieux pourquoi katate dori ou haï anmi katate dori quand on travaille sabre au fourreau, on visualise mieux irimi quand on montre la tsuka de son katana au partenaire etc. Les armes ont donc une importance capitale dans notre pratique et elles sont nombreuses. Nous vous proposons de découvrir comment les arts martiaux ont transformé en armes, de simples outils utilisés quotidiennement.

Chaque arme est présentée ici par son nom, chinois ou japonais, et est suivie de parenthèses indiquant son origine. Nous avons classé les armes par ordre alphabétique. Les armes dont le nom figure en bleu sont des armes utilisées en aïkido ou aîkitaï Jutsu.

►Ban-dao (Chin.) : Fauchon, serpe avec manche. Arme traditionnelle du Bing-qi.

►Bisen-to (Jap.) : Variante du fauchard (Naginata) avec lame courte, large et lourde. Il fut surtout utilisé par les paysans.

►Bing-qi (Chin.) : Aussi Ping-chi ou Mo-hai. Désigne les armes utilisées dans l’ancienne Chine et souvent maniées dans les styles de Wushu (arts martiaux de la Chine) traditionnels. Il en existe une quantité impressionnante, dont une bonne part a un rapport direct avec les arts martiaux (par destination ou par adaptation).
Les moines de Shaolin s’entraînaient déjà avec 18 armes classiques (les 18 armes de Luo-han), et on peut dénombrer entre 100 et 200 armes dont l’emploi complétait les techniques de combat à main nue.
De nombreux outils agricoles pouvaient également être utilisés comme armes improvisées lors de révoltes paysannes, et nombre d’entre eux passèrent dans les îles du sud-est asiatique avec marins, pêcheurs et commerçants.
Ainsi, le trident métallique, peut-être un plantoir (Ti-shien ou Tie-gen, qui devint Sai à Okinawa, ou Tjabang en Indonésie), les manches de bois avec poignée pour tourner les meules de riz (Kuai, qui devint Tonfa à Okinawa), la carapace de tortue utilisée pour le transport de victuailles (Tun, qui devint Chimbe à Okinawa), fléau pour le grain (Liang-jie-gun, qui devint San-setsukon).
Les armes chinoises sont impossibles à inventorier toutes, d’autant que les mêmes, ou leurs variantes, apparaissent sous des vocables différents.
►Bo (Jap.) : Bâton long, entre 1.60 m et 2.80 m en bois dur, de section généralement ronde et parfois hexagonale. Les techniques de maniement de cette arme ancienne dans l’ensemble de l’Asie constituent au Japon le Bo-jutsu. Il existe une grande variété de Bo (Bong ou Tien-bong, au Vietnam) et dérivés. Ainsi le Tetsubo (aussi Kanabo ou Kurogane-bo), en métal, et une variété de Bo plus courts (Hanbo, Koshinobo, Yubido, Kongo). La police japonaise contemporaine utilise toujours un bâton court, le Keibo, autour duquel a été élaborée toute une technique d’emploi (Keibo-soho). Le Jo, arme également ancienne, est dérivée du Bo, avec une longueur inférieure (environ 1.30 m).

Arme-BoLe Bo est également une arme majeure dans la famille des Kobudo des îles Ryukyu. Venu de Chine, le bâton y est également appelé Kon (du chinois Kun ou Gun) et a donné lieu à une pratique guerrière très efficace (Bo-ho ou Kon-po) qui distinguait le bâton en tant qu’arme (Oisangu) du bâton simplement en tant que tel, utilisé notamment dans les danses traditionnelles (Meikatobo).
Arme-BlocageArme-Harai-ukeArme-Hane-ukeLa technique okinawaienne de maniement du bâton diffère sur bien des points de son  homologue japonais, notamment ce qui concerne sa saisie, dont il existe deux formes de base.  Les premiers bâtons étaient simplement cylindriques d’un bout à l’autre (Maru-bo). Le premier Bo utilisé en tant qu’arme n’était probablement rien d’autre que le Tenbin, bâton-balancier porté sur les épaules pour transporter, à la chinoise, les charges les plus lourdes. Il était en bambou (Take-bo). Puis forme et section ont évolué. Arme-Techniques
Arme-TamboAinsi furent autrefois utilisés pour le combat des bâtons à section carrée (Kaku-bo ou Haku-bo), ou hexagonale (Rokkabu-bo), ou octogonale (Hakkaku-bo), qui présentaient autant de bords coupants à l’effet particulièrement destructeur.
Les pratiquants d’aujourd’hui en sont revenus à la section ronde. Cependant celle-ci est plus importante au milieu du bâton qu’à ses extrémités : le centre de gravité de l’arme est ainsi parfaitement localisé et son maniement avec un minimum d’efforts et un maximum d’efficacité s’en trouve facilité. De plus cette forme donne une meilleure résistance à l’arme tout en diminuant les risques de rupture.
Voici les diverses tailles de Bo d’Okinawa (les longueurs étant dégressives) :
Arme-Boso    Kushaku-bo : 2.80 mètres ;
o    Rokushaku-bo : 1.80 mètres ;
o    Yonshaku-bo : 1.20 mètres ;
o    Sanshaku-bo : 0.90 mètres ;
o    Tanbo : 0.50 mètres ;
o    Shoshaku-bo : 0.40 mètres.
Font également partie de cet ensemble, quoique d’un maniement spécifique, le Sunakake-bo (ou Kai ou Eku, la rame), le Nunte-bo (bâton prolongé d’un Nunte, ou Manji-sai) et le Bo-chaku.
Voici quatre modèles de Bo, ainsi que plusieurs types de blocage que l’on peut réaliser avec. cette arme :

►Bo-chaku (Jap.) : Fléau de bois avec lequel les paysans battaient les céréales, dont Arme-Bo-chakul’origine est chinoise (Sau-tsa-kuen). L’instrument pouvait aussi servir à combattre, avec son manche long et sa courte partie mobile, et inspira les premières formes de Nunchaku (Sosetsukon-nunchaku).
►Cha (Chin.) : Fourche, trident. L’une des armes-outils souvent maniée dans les styles de Gong-fu traditionnels. Il en existe une grande variété, en fonction du nombre et de l’orientation de ses branches et dents. On peut trouver ce même terme pour désigner, dans l’impressionnant arsenal des armes et armes-outils de la Chine ancienne, une petite lance, une faux, une bêche, une houe.

►Chigiriki (Jap.) : « étoile du matin ». Simple instrument agraire, le fléau à battre le grain est devenu, par nécessité de défense du paysan devant les incursions guerrières, une véritable arme.  Le manche de bois fut prolongé d’une chaîne de métal terminé par une masse. Une évolution ultérieure fut la Kusarigama (avec l’ajout d’une lame), également utilisée par les samouraï.

►Eiku (Jap.) : Aussi Ekku, la rame. Cet instrument rudimentaire, indispensable aux pêcheurs d’Okinawa, a aussi été l’une des armes les plus redoutables développées par les insulaires au cours des siècles passés. Sur une longueur d’environ 1.60 mètres, le manche, rond, prenait un mètre. L’extrémité large et plate, avait une épaisseur d’environ deux centimètres sur son axe central, qui allait en s’amincissant sur les bords, jusqu’à devenir mince et coupante.
Arme-EkkuLe Eiku-jutsu est la technique de maniement de combat avec cette rame, qui fut développée dans les arts martiaux du Ko-bujutsu puis du Kobudo. La rame, en bois dur, pouvait être maniée soit comme un bâton, autorisant coups de taille comme d’estoc, soit, avec sa partie plate, comme une lame lourde et large avec laquelle on pouvait développer une énergie cinétique dévastatrice. De plus, cette arme potentielle, qui pouvait être portée par les pêcheurs d’Okinawa sans qu’on les soupçonne de vouloir en découdre avec les Samouraï de l’armée japonaise occupante, était d’une telle allonge qu’elle plaçait en état d’infériorité n’importe quel guerrier même lourdement armé mais de façon conventionnelle. Il existe quelques rares Kata (enchaînement de mouvements, avec ou sans arme), tel le Tsuken Akahachi-no-kai (ou Chikin-hakashu-no-eiku-di), peu enseignés et peu pratiqués de nos jours, rarement démontrés au grand public. On pourra également noter que dans la légende de Musashi, il est fait état d’un combat qu’il aurat mené et gagné à l’aide une rame.

►Fu (Chin.) : Hache de combat, arme du Bing-qi.

►Ji (Chin.) : Aussi Jyi, Jih, Ki, Tsi : hallebarde, arme du Bing-qi. Le terme de hallebarde est une expression très générique pour désigner quantité d’armes emmanchées sur un manche long dont formes et poids sont très variables. Il englobe notamment certaines formes de haches (Fu), de lances (Qiang) et de fauchards (Guan-dao, Da-dao, Tai-dao).
L’idéogramme chinois désigne, à l’origine, une lance munie de deux branches légèrement recourbées ou une lance à trois pointes d’environ 3.20 mètres. Par extension, il s’agit plus simplement d’une lance comportant une ou plusieurs lames latérales pouvant être utilisées en coup de taille, pour trancher, ce qui multiplie l’efficacité de l’arme. L’origine ancienne de cette arme est le Ge (aussi Ko, Ke, Ger, Geh, Gee), ou «hallebarde à crochets » (voir définition citée ci-dessus).
Arme-HallebardeLa spécificité de la hallebarde est d’adjoindre une capacité de taille (coupe), à celle de l’estoc (pointe), ce qui ajoute à l’efficacité de l’arme, notamment dans des combats contre des cavaliers. Par conséquent, ce surcroît d’efficacité implique un poids plus élevé de la lame… donc une manipulation plus physique.
Dans la catégorie des hallebardes entrent d’autres nombreuses armes de hast (armes à long manche) dont les Chinois sont friands. On peut, parmi bien d’autres, citer diverses pelles (Chan) qui, à l’origine étaient des instruments funéraires spécifiques aux Bouddhistes, faux, fourches, et fourchons (Cha), râteaux (Pa), haches (Fu), masses (Chui) ainsi que des formes plus ou moins étranges encore avec les «mains de justice » (Bishou) représentant une main, ou un poing, tenant un pinceau de Juge (Bi) et autres griffes emmanchées (Chazo ou Chua). La plupart de ces armes étranges, fort lourdes à manier, possédaient une valeur plus rituelle que militaire, bien qu’elles aient pu servir, le cas échéant.
Pour terminer, nous pouvons citer quelques noms de hallebardes traditionnelles :
•    Laoying-tou-dao : hallebarde à la tête d’aigle,
•    Chan-dao : hallebarde en pelle,
•    Guan-dao : hallebarde de Guan-yin ou hallebarde des annales,
•    Ba-jen-dao : hallebarde aux huit tranchants aussi nommée «trois pointes et huit tranchants »,
•    Chuang-ji : double vouge,
•    Ji : vouge,
•    Xian-tou-dao : hallebarde à la tête d’éléphant,
•    Lohan-chan-dao : hallebarde de la pelle de Lohan,
•    Siu-chan : petite fourche,
•    Jeou-dao : sabre de lutteur,
•    Lung-cha : fourche Dragon,
•    Wai-jian-chan : pelle à lame inversée (fauchard),
•    Ta-yue : grande hache de guerre,
•    Wu-pa : râteau de guerre…

►Jiu-wan-tai-dao (Chin.) : Fauchard à lame large et dont le contre-tranchant était garni de neuf anneaux métalliques destinés à arracher les chaires lors du retrait de l’arme. Arme du Bing-qi.

►Jo (Jap.) : Bâton de longueur moyenne (environ 1.30 mètre) et de section cylindrique, pour la pratique des arts martiaux Jo-jutsu, Judo et Aïkido, développé à partir du bâton long de 1.80 (Bo cité précédemment). C’est Muso Gonnosuke, expert dans l’art martial du Jo-jutsu, qui racourcit son bâton long (Bo) afin de donner à son extrémité une plus grande vitesse : le Jo était né.
Arme-JoLa voie du bâton ou «jodo », fut élaborée en 1955 par Shimizu Takagi, à partir des anciennes techniques du Jo-jutsu et de l’art de la tradition du bâton court  de Muso Gonnosuke. Cet art se compose essentiellement de Kata. Un Kata est une séquence de techniques dont le déroulement reproduit un schéma de combat contre un ou plusieurs adversaires attaquant sous des angles différents. Ces Kata sont au nombre de 64, répartis en 7 séries. Ils se pratiquent à deux, Jo contre sabre de bois (Bokken) : le partenaire qui attaque de son Bokken est Uchi-dachi, et celui qui se défend (Shi-dachi) avec le Jo, contre et reste toujours vainqueur dans ces séries strictement codifiées.

… à suivre

Être débutant à l’A.R.A. c’est quoi ? (JARA10)

Dans cet article, nous allons tenter de poser (et de répondre aussi) à certaines questions qui peuvent naître dans l’esprit d’un pratiquant débutant l’Aïkitaï Jutsu. Il est vrai que souvent dans un club, un « nouveau » ou une « nouvelle » n’ose pas interroger, poser les questions.
Nous allons donc tenter de rédiger un rapport d’étonnement et des ébauches de solutions. Mais chacun dans son club devra pouvoir poser ses questions ou apporter ses réponses.

Avant toute chose, il est utile de définir ce qu’est un débutant.
Selon le dictionnaire :
débutant, adjectif / Féminin -ante.
Sens : Qui débute, qui n’a pas d’expérience en la (une) matière. Synonyme nouveau.

debutantUn débutant c’est aussi un pratiquant qui connait des progrès spectaculaires. Le débutant doit en général apprendre très vite les rudiments de l’Aïkitai Jutsu : les chutes, les noms des attaques, des saisies et des techniques, les grands principes et règles qui régissent notre art martial. Il faut lui reconnaître ce mérite que la quantité d’informations qu’il doit ingérer et digérer est énorme. Un gradé, de son côté n’a plus qu’à, si on peut dire, comprendre le sens de son travail et trouver sa forme de corps.
Alors si nous pouvions aider les débutants à mieux comprendre leur environnement, à mieux appréhender l’univers martial, soyons sûrs qu’ils n’en seraient que plus motivés pour poursuivre, puis à leur tour, partager.
Il y a un adage à respecter, c’est celui de : « laisser les débutants débuter ». Il est nécessaire qu’il (elle) s’approprie un peu l’art martial et il est donc utile de laisser au débutant le temps de débuter…  Ne pas trop l’abreuver de précisions et ne pas non plus lui parler en permanence lorsqu’il pratique, mais le laisser se concentrer, le laisser aussi faire des erreurs et chercher lui-même les bonnes réponses. Il faut aussi qu’il ait le temps d’ »apprécier » l’Aïkitai jutsu en quelque sorte. Et si on peut se permettre, ajoutons qu’il y a un intérêt pour les plus gradés à travailler avec des débutants (ce que certains rechignent parfois à faire dès qu’ils « se colorent »), c’est que le débutant n’est pas « formaté », il n’a pas encore acquis la manière de subir une technique ou faire une chute spécifique. Il permet donc au partenaire de pratiquer dans une version plus « réaliste », par conséquent si une technique donnée passe sur un débutant, on peut postuler qu’elle sera bien faite. Si on voulait terminer sur un consensus, on dirait que le débutant fait progresser le gradé autant que le gradé lui permet d’avancer.
A la lumière de ce témoignage, il est donc un autre domaine que les débutants doivent assimiler en arrivant dans nos dojos, c’est la découverte de leur ignorance et la rencontre avec « ceux qui savent ». En analysant le témoignage de cette pratiquante, on s’aperçoit que la question sous tendue est la suivante : « L’Aïkido ou l’Aïkitaï jutsu doit-il être mystique ? »
Question sensible (ou non) dans les arts martiaux. On pourrait répondre simplement que parfois, il y a des pratiquants qui pensent nécessaire d’entretenir un certain mystère autour de l’Aïki. Les « secrets » des Maîtres doivent se mériter !  Seulement on peut se demander si ces mêmes «gardiens de la Tradition » ne sont pas dans l’erreur. La Voie Martiale, si elle existe toujours, n’a plus les mêmes objectifs que par le passé et les secrets des écoles de Samouraïs sont largement étalés sur le net et dans les livres. O’Senseï était le premier à montrer, à décrire, à parler et même si à la fin de sa vie il était plus mystique (au sens religieux du terme), il n’a jamais voulu,  à priori, faire des mystères de son Art. La vocation de l’Aïki n’est pas le secret, c’est la diffusion au plus grand nombre, ce n’est pas pour rien qu’il a envoyé ses émissaires aux quatre coins du globe.
Alors dans le vestiaire comme sur le tatami, soyons humbles et accueillants, partageons la joie de pratiquer, même et surtout avec les nouveaux. Le vrai secret de l’Aïkitai jutsu est plus sûrement de savoir transmettre ce que nous savons, de savoir partager nos connaissances, si maigres soient-elles.
On pourrait dire, en conclusion que les débutants doivent être considérés comme les jeunes pousses de notre Fédération, et à ce titre, il faut les entretenir avec soin.
Vous avez, nous avons, été débutants un jour et à cette époque, nous étions heureux d’être guidés, aidés, encadrés, conseillés par les « anciens ». Alors soyons à notre tour ces guides, car dans quelques années ils seront les gradés et les techniciens chargés de la transmission de notre voie.

témoignage… :

« … Je ne pratique l’aïkido que depuis très peu de temps et il est un point sur lequel j’ai parfois du mal à adhérer. C’est ce côté « mystique » qu’entretiennent les pratiquants. Mystique n’est peut-être pas le terme adéquat mais à brûle pourpoint je n’en  trouve pas d’autre… Je sais bien qu’il y a un côté mystique à la pratique d’un art martial quel qu’il soit, et ce côté mystique les pratiquants prennent en général même plaisir et même un devoir à le développer à le pérenniser, à l’enrichir même comme si cela pouvait le rendre plus valorisant. Je me souviens d’un de mes premiers cours lorsque j’ai demandé dans le vestiaire depuis combien de temps les filles pratiquaient, personne ne m’a répondu. Sur le coup, je me suis dit que l’Aïkitai jutsu ne rendait pas aimable :-(. Je ne leur demandais pas combien de temps il fallait pour porter un hakama, ni pour atteindre tel ou tel grade, car je ne suis pas si bête, je sais bien que ce n’est pas une question de temps. Je posais juste une question simple et je me retrouvais devant un mur. Aujourd’hui il m’est toujours difficile de comprendre pourquoi on ne dit pas « j’en fais depuis tant de temps », on le dit bien sur d’autres sujets, pourquoi pas sur celui-là ? Ne peut-on pas être simple ?… »

La trousse d’urgence au dojo (JARA10)

Lorsque nous pratiquons, il est régulier que se présente une légère blessure. Il est donc indispensable que votre dojo soit équipé d’une petite armoire à pharmacie. Bien entendu tout geste allant au-delà du simple pansement ou bandage est hors de nos compétences en général et il ne faut pas entreprendre de soins dépassant nos connaissances. Nous vous dressons ci-dessous une liste (non exhaustive) de ce que pourrait contenir votre trousse de secours.

112Et bien entendu avoir à portée de main (au bord du tatami) un téléphone portable pour composer le 112 au cas où il serait nécessaire de faire intervenir les services de secours. Dans ce cas, penser à vérifier que tous les accès soient bien dégagés et qu’il n’y ait aucun obstacle au passage éventuel d’un brancard.

UNE TROUSSE D’URGENCE TYPIQUE :

1.    Une paire de ciseaux
(Pratique aussi pour couper les rouleaux de ceinture)
2.    Une pince à écharde
(les Bokken et autres Jo sont parfois un brin malicieux)
3.    Des petits sacs-poubelles jetables
4.    Du papier essuie main
5.    Des gants jetables
6.    Du sparadrap
7.    Des pansements de plusieurs tailles
8.    Des compresses stériles
9.    Un sachet de coton
10.    Des tampons hémostatiques
11.    Des bandelettes pour sutures
12.    Des bandes de crêpe
(type Velpeau 5 et 7 cm X 3m)
13.    Des filets de maille élastique tubulaire
14.    Une écharpe triangulaire
15.    Une bombe de froid
16.    Du savon liquide
17.    Un antiseptique unidose
18.    Éventuellement un tube de granules d’arnica

Les couleurs du hakama (JARA9)

Le hakama (袴), pantalon large et plissé, est un vêtement ancré dans l’histoire du japon. On le trouve dans le costume traditionnel masculin et féminin, associé à la hiérarchie sociale dès l’ère Heian (v.794 – v.1185). Il s’est développé sous différents aspects, par exemple sous forme de pantalon bouffant aux chevilles (sashinuki 指貫, ou Nobakama). La forme actuelle du hakama porté dans le budo a peu varié depuis la période Edo (1603-1868)

Hakama (2)
Sasaki Saburo et Nakayama Hakudo
Démonstration de Kendo (vers 1940)

La structure du hakama indique l’appartenance à une caste (Dojo ou temple), de la même manière, quoique plus subtilement, que le tartan des clans écossais.
Dans le japon contemporain, le hakama reste un vêtement de cérémonie (mariage, remise de diplôme, protocole). Pour les femmes, les hakamas sont colorés, souvent enrichis de broderies ou à motifs ; pour les hommes, ils sont généralement à rayures. Dans le culte shinto, le prêtre porte un hakama blanc, ceux des assistants sont vert clair et ceux des assistantes, rouge, symbole de virginité au Japon.
Porter le hakama donne sa solidité à l’être, ainsi qu’en atteste la cérémonie de la « vêture du pantalon »  de l’époque Heian (v. 1010) et qui participe aujourd’hui encore des rites Sichi-go-san (7-5-3), de passage de l’enfance. Le hakama fluide et ample, utilisé dans la pratique des arts martiaux traditionnels tels que l’aïkido, le kendo, le naginata, le kyudo et le iaido, permet de donner à celui qui le porte une image qui dépasse le dessein vestimentaire.

Variation sur la couleur entre héritage traditionnel et adaptation opportuniste

Hakama (5)
Estampe sur bois de Utagawa Kuniyoshi 歌川 国芳
(1798 – 1861)
Hakama (1)
hakama écossais

Le hakama porté dans la pratique actuelle des arts martiaux est chargé de symbolique du budo. Dans la pratique conduite par O’ Sensei, le hakama est le vêtement à porter par tous durant le travail. Il n’est pas la reconnaissance d’un niveau ou d’un grade.
Des témoignages d’uchi deshi de O’Sensei, dont celui de Shigenobu Okumura Sensei, (1922-2008) 9° dan de l’Aikikai Hombu Dojo, rapportent que les pratiquants portaient le hakama dès leurs débuts. « Il n’y avait pas de restriction sur le type d’hakama. Le dojo était un endroit très coloré avec des hakamas de toutes sortes, de toutes les couleurs et de toutes les qualités, du hakama de kendo, au hakama rayé utilisé dans la danse japonaise ou encore ceux en soie précieuse de «Sendaihira». Après la fin de la seconde guerre mondiale, l’économie du japon décline entraînant une autre raison à la diversité des couleurs de hakama taillés dans des  toiles recyclées et teintes artisanalement de sorte que le bigarré du tissu ressortait rapidement à l’usure.
Mitsugi Saotome Sensei (1937 – ) mentionne également, dans son livre «Principes de l’Aïkido»,  que le Hombu dojo était un endroit pittoresque quand s’y entraînaient des hakama de toutes les couleurs .
La difficulté des temps d’après-guerre aura contribué à ce que les élèves récemment arrivés dans le dojo aient le choix de pratiquer sans hakama jusqu’à ce qu’ils puissent subvenir à son acquisition.  Un autre reflet de cette situation conduit au dogme majoritairement retenu dans les dojos occidentaux qui consacre un niveau d’initiation du pratiquant en lui accordant le droit au port du hakama.

Hakama (1)
‘zodiac japonais’ Samouraï portant les 7 armes et accompagné de son chien. Le Hakama est serré sur la jambe.

Un code de couleur du hakama selon la discipline s’est cependant installé dans l’ensemble des dojos, en occident comme au japon, rassemblant la majorité des pratiquants. Ainsi, en Aïkido, le hakama est uni, noir ou indigo, parfois bleu électrique pour les hakama en coton. Le noir est aussi préféré en naginata et en kyudo (où les beige, vert et autres gris se rencontrent parfois). En Kendo, les couleurs préférentielles du hakama sont l’indigo et plus rarement le noir. En iaïdo, le hakama blanc, ou rayé peut également être utilisé en fonction des écoles. La couleur grise est réservée au sensei.

Singularité : le hakama blanc ?

Hakama (4)
Nakayama Hakudo fondateur du iaido Muso Shinden-ryu

Coûteux à fabriquer et difficile à entretenir, le blanc n’est pas une couleur utilisée pour la pratique martiale. Le hakama blanc est un habit porté par les courtisans ou lors de cérémonies. Pourtant, Nakayama Hakudo (1873-1958), ami intime de O’Sensei, développe son utilisation au dojo Yushinkan de Kyoto. Le port du hakama blanc est devenu populaire sous son influence à l’entrée de la période Showa (1925). Faut-il dire que c’est l’inquiétude sur la négligence de l’entretien de la propreté des hakama foncés par ses élèves qui a incité le Maître à leur faire porter le blanc qui ne peut rien cacher … ?

‘Bien dans son corps, bien dans sa tête’

Hakama (3)
Rayures d’un hakama classique de ïaido

Le port du Hakama est un catalyseur de la pratique de l’art martial. S’en revêtir, nouer les sangles soigneusement aident à entrer en concentration ; de même, s’en dévêtir et le mettre dans ses plis est un temps important de consolidation.  La couleur est un des codes lié au hakama et véhicule sa part de complexité en message non verbal et en langage budo.

Sources

Sachiko Takeda, « La noblesse de l’époque de Heian  », Cipango [En ligne], Hors-série | 2008, http://cipango.revues.org/
http://www.yamakaminari.com/HowTo/JorunnBig_Book_of_Garb/Hakama_For_Swedes.pdf
http://www.aikidolebouscat.fr/Aikido/hakama.html
http://kenshi247.net/blog/2010/02/18/the-white-hakama-of-yushinkan
http://sendaihira.jp/english.html
http://www.leotamaki.com/article-mais-pourquoi-porte-t-il-un-hakama-blanc-112033066.html

Stage féminin à Bessancourt 26 mai 2013 (JARA9)

Laurence Debaere, 4ème DAN A.R.A.
Laurence Debaere, 4ème DAN A.R.A.

L’A.R.A. est une des rares écoles à proposer des stages d’Aïkido uniquement féminin. Si partisans et détracteurs font montre d’arguments contradictoires, les participantes, elles, ne tarissent pas d’éloges sur ce moment privilégié qui leur est réservé. Laurence Debaere, membre du collège technique, 4ème DAN A.R.A. encadre tous les ans avec passion ce stage. C’est donc avec plaisir que nous vous livrons quelques commentaires, photos et réactions glanés ce dimanche 26 mai, jour de la fête des mères…

 

JARA : Pourquoi un stage féminin ?

L.D. : Fondamentalement il n’y a aucune différence entre l’aïkido féminin ou masculin. Les techniques sont les mêmes, les positionnements sont les mêmes, les placements sont les mêmes. Néanmoins, il y a des mouvements plus naturels à exécuter pour une femme que pour un homme. Dans l’exécution des atémis, on ne visera pas les même parties qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Dans l’exécution d’une technique, les placements des mains peuvent être légèrement différents pour protéger certaines parties de notre corps comme la poitrine par exemple. Et puis, j’aime ce moment simple et agréable partagé entre collègues !

JARA : Quels aspects souhaites-tu particulièrement travailler ?

L.D. : En cette fin d’année, j’aime particulièrement mettre l’accent sur la recherche personnelle. Je fais faire beaucoup de techniques et je laisse chercher. Je ne suis pas à conseiller ou à rectifier sans cesse. J’aime voir les gens travailler et découvrir par eux-mêmes. A ce niveau de l’année c’est souvent très enrichissant. Ensuite quand les pratiquantes ont réalisé plusieurs fois la technique à un rythme assez soutenu, je reprends un ou deux points particuliers. Je préfère de loin cette approche à celle consistant à reprendre chaque personne à chaque instant. On s’aperçoit bien vite tout seul que le geste que l’on fait, que le déplacement que l’on opère, n’est pas dans la bonne direction !
Il est très important de sentir par soi-même.
Dans ce stage par exemple, le travail des hanches et les placements sont les points que je veux particulièrement travailler.

JARA : Les bases toujours les bases ? Ikkyo revient souvent dans les techniques que tu proposes.

L.D. : Faire l’entrée en Ikkyo est essentiel. Elle permet de se positionner correctement pour faire ensuite n’importe quelle technique en particulier lorsque l’on travaille les katame waza. Une entrée en Ikkyo permet de se positionner pour faire Sankyo, Nikyo ou Yonkyo…
Sur l’enchaînement, il en est de même, c’est l’entrée qui est importante. Elle permet le positionnement du corps et des mains, c’est la base de tout. On ne peut que très difficilement placer un sankyo directement sur une attaque. Il faut d’abord se positionner.

LES TECHNIQUES ÉTUDIÉES LORS DU STAGE :

TACHI WAZA
UKE : Ai hanmi katate dori
TORI : Ikkyo ura, Shiho nage dans les quatre directions
UKE : Ushiro Ryote dori
TORI : Ude kime nage, Kote gaeshi, Irimi nage, Shiho nage, Aiki Otoshi

HANMI Andachi WAZA
UKE : Ai hanmi katate dori
TORI : Shiho nage
UKE : Shomen uchi
TORI : Irimi nage ura

SUWARI WAZA KIHON KATAME WAZA
UKE : Shomen uchi
TORI : Ikkyo omote – Sankyo, Ikkyo ura – Sankyo, Ikkyo omote – Yonkyo, Ikkyo ura – Yonkyo , Ikkyo omote – Nikyo, Ikkyo ura – Nikyo

RANDORI
Ai hanmi katatedori : Ude kime nage, Irimi nage, Kokyu nage, Kiri otoshi, Shiho nage, Kote gaeshi, Aiki otoshi, Uchi kaiten nage
Morote dori : kokyu nage

ENCHAINEMENTS
Sur attaque unique (yokomen uchi) – enchaînement de trois techniques au choix.


Kata 19

2013_05_Bessancourt

Tadashi Abe – Première série – Technique n°8 (JARA9)

Nikyo omote sur saisie ryo sode dori – forme ura